C'est une rentrée agitée pour les équipes de La Grande Librairie sur France 5. Une émission lancée en 2008 par François et présentée par Augustin Trapenard depuis 2022. En effet, l'émission du 9 septembre 2026 a crée des remous. Souvenez-vous... Ce soir-là, l'actrice doublement césarisée Adele Haenel a été conviée pour faire la promotion de son premier roman, Viser juste (L'Arche / Des écrits pour la parole) sorti le 21 août dernier.
En fin d'émission, la jeune femme de 37 ans a ensuite été invitée par Agustin Trapenard à prendre sa place pour la traditionnelle "carte blanche". L'occasion pour elle de lire un texte inédit, écrit sur mesure pour La Grande Librairie. C'est alors qu'Adele Haenel a livré un texte poignant sur la libération de la parole autour du viol. Un sujet ô combien délicat mais qui la concerne directement puisqu'elle a elle-même victime d’abus sexuels de la part de Christophe Ruggia lorsqu'elle était adolescente, entre ses 12 et 14 ans.
"Alors le mot tombe : “il m’a violée”. Sujet, verbe, COD. La phrase, aiguisée, courte et pointue fend l’espace. Le tremblement de ton corps, le tremblement de ta voix contamine l’air et tous les corps autour. Le monde vibre sous l’impact", a-t-elle clamé avant d'aborder un tout autre thème qui lui vaudra ensuite d'être censurée par France Télévisions.
"La Grande Librairie" : Adèle Haenel censurée mais défendue par Augustin Trapenard
En effet, à l'occasion de cette carte blanche, Adèle Haenel a aussi voulu parler du conflit israélo-palestinien. "Il faut parler pour redire ce qu’il y a dans ce silence, afin que tout le monde l’entende : l’État d’Israël commet un génocide en Palestine et la France est complice" a-t-elle lâché avant de prendre à partie les autorités françaises. "N’acceptez pas l’inacceptable, alors sanctionnez Israël et libérez la Palestine", a conclu l’ancienne actrice qui a décidé de quitter le monde du 7e art.
Depuis, de nombreuses vois se sont élevées pour condamner ou applaudir ses propos. Quant à France Télévisions, il a préféré retirer la carte blanche d'Adèle Haenel du replay de La Grande Librairie. "Face à de multiples saisines, et comme notre cahier des charges est extrêmement strict sur le sujet, France TV a suspendu le replay pour laisser [le régulateur de l'audiovisuel l'Arcom mener son travail d'évaluation par mesure conservatoire", s'est défendu le service public. Mais, pour Adèle Haenel, c'est clair. En censurant sa prise de parole, France Télévisions fait "la démonstration parfaite de la pertinence des propos qui consistaient à dire qu'en fait il y a certains mots, certaines réalités que tout le monde sait et qui ne doivent surtout pas être dites", a-t-elle écrit sur Instagram.
Mais alors qu'en pense le principal intéressé, à savoir Augustin Trapenard ? Et bien, ce 16 septembre, lors du dernier numéro de l'émission, ce dernier s'est exprimé sur "le cas Adèle Haenel" sans jamais la cite. "La parole de ces écrivains, ce n'est pas la parole du politique ou la parole de l'expert, c'est la parole de l'artiste. Une parole qui tremble parfois, qui trouble parfois. C'est pourquoi elle est forte", a-t-il commenté. "On peut ne pas être d'accord avec ce qui est dit, on peut contester, on peut interroger mais chaque écrivain s'est exprimé en toute liberté dans les limites de la loi [...] Prendre la parole c'est toujours prendre un risque", a-t-il conclu assurant qu'il continuerait de proposer cette "carte blanche" à ses invités.













