M6 reconnait ses torts. Depuis plus de dix ans, la bataille des talk-shows fait rage chaque jour en access prime time, entre les indéboulonnables C à vous sur France 5, Quotidien avec Yann Barthès sur TMC, ou encore Cyril Hanouna avec Touche pas à mon poste sur C8, puis Tout beau, tout neuf sur W9. Certains ont fini par y laisser leur peau, comme Le grand journal de Canal+, tandis que d'autres tentatives sont restées dans les annales de la télé pour ne pas avoir fait long feu, à l'instar de Jusqu'ici tout va bien avec Sophia Aram ou L'émission pour tous avec Laurent Ruquier, toutes deux sur France 2.
Avec La grande semaine, M6 a plutôt contribué à la seconde catégorie. Pour rappel, début 2024, la chaîne tente de renouer avec le genre du talk-show qu'elle délaisse depuis un moment. Pour éviter de devoir se mesurer à une trop forte concurrence, la chaîne préfère, toutefois, miser sur un rendez-vous hebdomadaire, dans une case peu investie jusqu'ici, à savoir ses débuts de soirée le samedi. Baptisé La grande semaine, le talk-show est animé par Ophélie Meunier. "Sur le papier, on y croyait. Notre présentatrice a l'autorité tranquille du 19.45", écrit Nicolas de Tavernost, emblématique président de la chaîne entre 2000 et 2024, dans son livre La télé comme jamais, paru le 24 septembre dernier.
Ophélie Meunier peut, de plus, compter sur une bande de chroniqueuses et de chroniqueurs pour l'accompagner, avec des visages assez connus du grand public, tels que Gérémy Crédeville, Anne-Sophie Girard, Philippe Manoeuvre, ou bien Enora Malagré.
"M6 a bougé le format, la durée, l'horaire: ça brouille le contrat"
La grande semaine ne trouvera finalement jamais son public. Suivi, en moyenne, par 390 000 personnes, un mois après son lancement en cours de saison en avril 2024, le talk-show ne rassemble que 430 000 fidèles pour sa dernière en juin 2025.
"Pourquoi ça ne prend pas? La case, d'abord", estime Nicolas de Tavernost, toujours dans son livre, dans lequel il revient pour la première fois sur cet échec. Il évoque 50' Inside sur TF1 et C l'hebdo sur France 5, deux rendez-vous déjà installés depuis longtemps à la même heure, de même que des "offres lisibles qui captent l'inertie". "Le genre, ensuite: M6 excelle en magazines 'récit' et en entertainment familial. Le talk, lui, repose sur une ambiance de bande et une horloge fixe. Or, M6 a bougé le format, la durée, l'horaire: ça brouille le contrat. M6 n'a pas réussi à créer le réflexe", reconnaît finalement l'ancien patron du groupe M6, qui avait fait la même chose, quelques années plus tôt, avec OFNI, l'info retournée, le talk-show de Bertrand Chameroy proposé sur W9 entre 2016 et 2017.
Le groupe M6 reproduira t-il les mêmes erreurs avec Tout beau, tout neuf, installé en access de W9 depuis la saison dernière? À charge à David Larramendy, nouveau patron du groupe depuis 2024, de démontrer que non.














