C'est en 2011 que les téléspectateurs de M6 ont fait la connaissance de Pierre Sang. Cette année-là, le Lyonnais de 30 ans, a brillé lors de la deuxième saison de Top Chef animée par Stéphane Rotenberg avant de se faire éliminer par Stéphanie Le Quellec en finale. Toutefois, cette défaite ne lui a absolument pas empêché de devenir un As des fourneaux et d'être reconnu par ses pairs.
Preuve en est... Aujourd'hui, le chef de 46 ans est propriétaire de neuf restaurants comme il l'indique sur son compte Instagram. Parmi eux, il y a notamment In Oberkampf et On Gambey dans le 11e arrondissement de Paris. Porteur de la flamme olympiques lors des JO de Paris en 2024, Pierre Sang a même été convié en Corée du Sud, son pays natal, par Emmanuel Macron.
Mais voilà, quinze ans après sa participation remarquée à Top Chef, sa réputation est mise à mal. Ce mardi 1er septembre, Mediapart a dévoilé une enquête au vitriol dans laquelle neuf salariés et anciens salariés se plaignent du management de leur patron. L'empire Pierre Sang vascille.
Pierre Sang : que se passe-t-il dans les cuisines de l'ancien finaliste de "Top Chef" ?
Dans cette enquête, les journalistes du média en ligne ont découvert, en s'appuyant sur des échanges WhatsApp, l'une des règles des restaurants de Pierre Sang. Par exemple, après chaque tâche accomplie, ses équipes seraient obligées d'envoyer des photos de leur travail. "Si tu sors une poubelle, il faut faire une photo. Je n'ai jamais vu ça. C'est un contrôle excessif, un abus de pouvoir", explique notamment Benjamin, ancien responsable d'un restaurant. De son côté, Nina -ancienne cuisinière-, décrit des faits de harcèlement : "Il venait me voir en boucle en me disant : 'N'oublie pas les photos'.
À ce sujet, Mediapart a dévoilé un des messages transmis par Pierre Sang à ses équipes : "Merci de respecter les règles pour éviter de ne pas avoir vos incentives", c'est-à-dire les pourboires. Pourboires qui, selon des e-mails cités par l'enquête, auraient été suspendus pendant plusieurs mois.
Par ailleurs, au delà de cette surveillance excessive, d'autres salariés pointent du doigt des tensions dans les équipes, des propos humiliants de la part de leur boss. Loïc, cuisinier, déclare par exemple: "Quand il est bourré ou qu'il a les yeux rouges, il nous regarde avec de la haine dans les yeux". De son côté, Benjamin assure qu'un chef de rang a été traité de "grosse merde" et qu'un autre aurait été menacé oralement : "Le monde de la restauration est petit, je peux mettre fin à une carrière quand je veux", aurait lâché Pierre Sang alors que les conditions d'hygiène ne seraient pas toujours respectées.
Mediapart a consulté les planning des salariés de Pierre Sang
Malheureusement, ça ne s'arrête pas là pour l'ancien candidat de M6. Lors de leur enquête, les journalistes de Mediapart se sont procurés les plannings des restaurants de Pierre Sang. Résultat : certains salariés ont pu travailler jusqu'à 70 heures par semaine, certaines heures supplémentaires n'ont jamais été payées alors que d'autres n'ont jamais pu profiter d'un temps de pause.
"On faisait des horaires de fou furieux, les heures supplémentaires n'étaient pas payées. [...] La pression était devenue ingérable", raconte notamment Antoine, un ancien apprenti. De son côté, l'entreprise assure disposer "d’un logiciel de gestion rigoureux". Quant à Pierre Sang... A-t-il réagi à ses lourdes accusations ? Contacté par Mediapart, Pierre Sang n'a pas répondu aux sollicitations. Son service de communication parle de "rumeurs et bruits de couloir" propres à "l'effervescence de la restauration parisienne".













