Quelle rentrée pour France Inter et Charles Sapin ! Qui aurait pu imaginer qu'un édito de deux minutes dans la matinale du dimanche susciterait autant de controverses ? Et pourtant... À peine arrivé à l'antenne fin août, les salariés de Radio France sont montés au créneau pour dénoncer l'arrivée de l'éditorialiste, directeur adjoint de la rédaction du magazine d'extrême droite Valeurs actuelles.

Semaine après semaine, jour après jour, grève après grève (il y en a eu deux, NDLR)... Les syndicats sont finalement parvenus à faire plier les plus hautes instances de Radio France. Du coup, en lieu et place de son édito, Charles Sapin s'est vu proposer un débat. Débat qu'il a refusé. "Ce cercle vicieux-là, je refuse d'y entrer", a-t-il alors écrit sur X le 19 septembre tout en annonçant son départ.

Depuis, Charles Sapin a notamment été convié sur RTL par Anne-Sophie Lapix pour débattre dans Les grands esprits se rencontrent. RTL, c'est là aussi que le journaliste de 34 ans est revenu sur son départ agité de France Inter ce 14 octobre. Invité de Marc-Olivier Fogiel aux alentours de 8 heures 15, l'ancien salarié du Point a tenu à remettre l'église au milieu du village.

Charles Sapin revient sur son arrivée sur France Inter et ne ménage pas ses anciens patrons

Lors de cet entretien, Charles Sapin a d'abord précisé avoir reçu "énormément de messages de soutien de journalistes de Radio France, y compris de France Inter". Pour lui, cela ne fait donc aucun doute : la crise a été provoquée par "une minorité radicalisée, des syndicalistes professionnels, des grognons, qui bloquent une antenne et le beau projet qui était celui de Radio France, de faire en sorte que dans un pays complètement fracturé, vous avez un moment dans la semaine où tous les morceaux du puzzle sont en même temps au même endroit".

Par ailleurs, pour lui, France Inter avait toutes les cartes en main au moment de l'embaucher. La station savait-elle qu'il arrivait à Valeurs actuelles ? Pour Charles Sapin, la réponse est... OUI et dire le contraire serait mentir. "On est venu vous chercher en connaissance de cause, vous, chez Valeurs actuelles ?", a demandé Marc-Olivier Fogiel à son invité. "Le 7 juillet, la Lettre A révèle que je quitte Le Point pour rejoindre Valeurs actuelles et devenir directeur adjoint de la rédaction. Une semaine plus tard, le 15 juillet, j'ai la direction de France Inter au téléphone qui m'appelle en me disant : 'Qu'est-ce que tu fais ? Tu es complètement dingue. Pourquoi tu vas à Valeurs actuelles ?'. Et, en fait, j'ai une conversation et j'explique pourquoi j'y vais".

Suite à cette conversation, Charles Sapin assure avoir eu une proposition de la part de France Inter : "une chronique, le week-end, le matin [...] 150 secondes hebdomadaire". Aujourd’hui, évidemment, ce dernier regrette profondément. "À partir du moment où la rédaction de France Inter valide une proposition de chronique qu'elle n'arrive pas à imposer à ses équipes, ça veut dire qu'ils n'ont pas la main sur leur rédaction [...] Moi, je ne peux pas m'engager avec une rédaction qui ne tient pas parole et qui n'a pas la main sur ses troupes", a alors conclu Charles Sapin.