Alors que les températures ont été caniculaires cet été à Paris, la rentrée a été glaciale dans les locaux de France Inter. En cause : le nouveau rendez-vous proposé chaque week-end par la première radio de France. "Chaque dimanche, le 6/9 accueille Charles Sapin, directeur adjoint de Valeurs actuelles pour son édito politique", peut-on lire sur le site Internet de la station.

Charles Sapin, 34 ans, passé notamment par L’Opinion, Le Figaro et Le Point. Considéré comme un spécialiste de l'extrême droite, il est l'auteur d'un essai sur la vague populiste qui progresse en Europe... Bref, son CV est bien fourni mais, pour les syndicats de Radio France, ce dernier n'a absolument pas sa place à l'antenne alors que, dans le monde du journalisme, l'objectivité est censée être de mise et d'autant plus sur le service public !

Résultat : une motion exigeant son retrait de l’antenne, assortie d’un préavis de grève, a été votée à l’unanimité lors d’une assemblée générale ce mercredi 2 septembre. Grève annoncée pour les 13 et 14 septembre prochain. Alors, la direction va-t-elle céder ? Visiblement, ce n'est pas au programme... "Le service public n’est pas un champ de bataille, il n’est pas non plus un champ neutre et aseptisé" a fait savoir la patronne de Radio France Sibyle Veil.

Affaire Charles Sapin sur France Inter : la ministre de la Culture a tranché

Ce vendredi 4 septembre, la ministre de la Culture Catherine Pégard était l'invitée de la matinale de RTL présentée par Céline Landreau. L'occasion pour elle d'aborder divers sujets et d'être interrogées sur le cas Charles Sapin. "Je comprends que les journalistes de France Inter puissent ouvrir un débat", a-t-elle réagi avant de se ranger du côté de Sibyle Veil. "Mon avis en tant qu'ancienne journaliste est que la maison de France Inter doit être ouverte [...] Les éditorialistes sont là pour exprimer une opinion, la leur. Pas celle forcément des journaux pour lesquels il travaille", a-t-elle poursuivi.

"Je vois qu'aujourd'hui il y a des chroniqueurs qui viennent de tout horizon, qui sont reconnus pour leur talent professionnel. C'est leur qualité professionnel qu'on doit défendre et je pense que c'est toujours dangereux de faire des procès d'intentions [...] La chasse aux sorcières c'est toujours désagréable et je pense que si l'on a choisi ce chroniqueur, il faut entendre ses propos", a-t-elle conclu. Propos de Charles Sapin qui seront sanas doute d'autant plus scrutés alors que l'élection présidentielle approche à grands pas.