C'est un profond bouleversement qui se joue dans les coulisses de Public. Selon les informations de L'Informé, le magazine people a remercié sa rédaction papier historique, dont sa rédactrice en chef Maëlle Brun, dans le cadre d'une réorganisation intervenue en plein redressement judiciaire. Depuis le 17 juillet, les journalistes qui composaient jusqu'alors la rédaction ont même disparu de l'ours du magazine. Ils ont été remplacés par la mention d'une "rédaction déléguée", confiée à une société extérieure.
Cette nouvelle organisation intervient alors que le contenu de Public a suscité plusieurs réactions ces dernières semaines. Le 31 juillet, l'hebdomadaire affichait ainsi en couverture Léa Salamé et Raphaël Glucksmann en vacances au Cap Corse, avec des images présentées sous la forme d'un montage. Quelques semaines plus tôt, une Une évoquait l'hypothèse d'un bébé entre Kylian Mbappé et Ester Expósito. Plus récemment encore, le magazine affirmait que Léna Situations avait "retrouvé l'amour" avec un certain Ahmed. L'influenceuse a rapidement démenti cette dernière information, avant de tourner la couverture en dérision lors de son événement à l'Accor Arena en faisant notamment réaliser un gâteau à son effigie.
Une rédactrice en chef dubaïote
Selon L'Informé, derrière cette évolution éditoriale se cache donc une réorganisation beaucoup plus profonde. La "rédaction déléguée" apparaissant désormais dans l'ours est assurée par Les Éditions du bord de mer, une société créée en juin dernier et détenue par Marc-Antoine Moretto. Celui-ci édite déjà plusieurs dizaines de magazines, parmi lesquels Grands Reportages, Pêche Magazine ou Question de Philo.
La société a conclu un contrat de licence avec Philippe Abreu, propriétaire de Public depuis son rachat à CMI France en 2024. Marc-Antoine Moretto indique à L'Informé que cette licence a été conclue "pour un temps assez long", sans davantage de précisions. Maëlle Brun a parallèlement été remplacée par Coralie Hamadi, journaliste installée à Dubaï et dirigeante de DCKay, une agence présentée comme "éditoriale et digitale". "C'est une mission pour l'été. On m'a demandé de produire un magazine aussi qualitatif que ce que Public était déjà", explique-t-elle à L'Informé. Il convient donc de nuancer l'idée d'une rédaction entièrement "délocalisée à Dubaï" : c'est sa nouvelle responsable éditoriale qui y est basée, tandis que la production a été déléguée à une société extérieure.
Plus de 1,2 million d'euros de passif
Cette transformation intervient surtout dans un contexte économique particulièrement difficile. Comme l'avait révélé L'Informé en mars dernier, Public a été placé en redressement judiciaire. Le titre affichait alors un passif de 1 248 254 euros. Le changement d'éditeur intervenu cet été a été autorisé par le juge-commissaire chargé du dossier devant le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand.
Une échéance importante approche désormais : selon L'Informé, un délibéré est attendu le 10 septembre pour déterminer la suite de la procédure. Plusieurs acteurs de la presse se sont intéressés au dossier, dont Gaspard de Monclin, patron d'Overlord et habitué des reprises de titres en difficulté. Robert Lafont, ancien dirigeant du groupe Entreprendre, avait lui aussi formulé une proposition avant de décider de ne pas l'améliorer.
Ce dernier indique avoir initialement proposé 50 000 euros pour reprendre Public, avec le fonds et plusieurs salariés. Entre rédaction historique remerciée, production éditoriale externalisée, changement de rédactrice en chef et procédure collective toujours en cours, le magazine traverse ainsi l'une des périodes les plus délicates de son histoire récente. Le délibéré attendu le 10 septembre doit désormais déterminer dans quelles conditions Public pourra poursuivre son activité.











