Une séquence qui fait polémique sur LCI. Ce samedi 17 octobre, dans Week-end sans filtre, l'ancien policier Bruno Pomart était invité à commenter les violences survenues au cours de la journée, autour d'Anaïs Bouton et de Christophe Moulin. Président du think tank Initiative sécurité intérieure et ancien instructeur du RAID, cet intervenant régulier des plateaux de LCI, CNews, BFMTV ou encore Tout beau, tout n9uf a provoqué une vive controverse en évoquant des "révolutionnaires d'Allah". Une expression prononcée en plein direct, alors que les chroniqueurs débattaient des auteurs des violences.

Dans l'extrait diffusé sur les réseaux sociaux, Bruno Pomart déclare : "Voilà, c'est des révolutionnaires d'Allah, des Che Guevara ratés." Christophe Moulin intervient alors pour lui suggérer le terme "anarchistes", auquel l'ancien policier répond : "Oui, bon, tous les termes qu'on peut employer." Rapidement relayée sur X, cette séquence a suscité de nombreuses réactions, notamment celle de Malek Délégué, ancien chroniqueur de Balance ton post qui a déjà côtoyé Bruno Pomart à l'antenne. Mais plutôt que de reconnaître cette formulation, l'intéressé a contesté l'avoir employée, avant que LCI ne publie un communiqué prenant ses distances avec l'interprétation de ses propos.

Interpellé sur X, Bruno Pomart nie avoir prononcé les mots entendus à l'antenne

Parmi les premières personnalités à réagir figure Malek Délégué, qui a directement interpellé Thierry Thuillier, directeur général adjoint de l'information du groupe TF1, sur X. "Les révolutionnaires d'Allah, sur votre antenne, comme ça Thierry Thuillier ? Tout est normal", s'est-il indigné. Une réaction qui a rapidement entraîné une réponse de Bruno Pomart lui-même. L'ancien policier a fermement contesté les accusations formulées à son encontre : "J'ai jamais dit ça, c'est quoi ces insinuations. J'ai parlé de Che Guevara, point." Une défense qui contraste avec la retranscription de la séquence, dans laquelle l'expression "révolutionnaires d'Allah" précède précisément la référence à Che Guevara.

Malek Délégué n'a pas laissé passer cette dénégation. "Je t'invite à réécouter Bruno. Tu l'as dit, 'Les révolutionnaires d'Allah', mot pour mot", lui a-t-il répondu sur X. L'échange a contribué à amplifier la polémique, d'autant que l'intervention de Christophe Moulin pendant l'émission montre que la formulation de Bruno Pomart avait déjà suscité une réaction sur le plateau.

LCI publie un communiqué sans excuses et s'appuie sur le démenti de Bruno Pomart

En fin de journée, LCI a finalement réagi publiquement sur X, sans présenter d'excuses, en évoquant des propos qui "prêtent à confusion". Dans son communiqué, la chaîne explique : "Lors de la couverture des manifestations et des violences de samedi, des propos ont été tenus à l'antenne de LCI qui prêtent à confusion." Elle poursuit : "Interrogé par nos soins, Bruno Pomart nous certifie que le sens et l'interprétation qui en sont faits ne correspondent pas aux mots qu'il a prononcés." Une formulation qui reprend la version de l'ancien policier, sans reconnaître explicitement l'expression à l'origine de la controverse.

La chaîne conclut son message par une mise au point : "La chaîne tient à rappeler que si ces propos avaient été tenus, ils ne correspondraient en aucun cas aux valeurs de LCI." C'est précisément cette dernière phrase qui interroge, puisque l'extrait de l'émission permet d'entendre les mots "révolutionnaires d'Allah". En choisissant, délibérément, de conditionner sa condamnation à l'existence hypothétique de de ces propos, LCI prend ainsi la défense de son intervenant plutôt que de reconnaître la formulation qui a déclenché la polémique. Une position qui laisse entière la question de la responsabilité de la chaîne face aux déclarations de ses invités en direct.