Bruno Attal a été reconnu coupable d'injure raciste envers Rachel Kéké et condamné à 2 000 euros d'amende, annonce l'ancienne députée dans un communiqué daté du vendredi 4 septembre. Cette décision fait suite à une publication diffusée par l'ancien policier et candidat aux élections législatives sous l'étiquette Reconquête le 12 juillet 2024. Dans son communiqué, Rachel Kéké affirme que le tribunal a considéré que le parallèle établi dans cette publication reposait sur les origines africaines des personnes auxquelles Bruno Attal faisait référence.

Le message litigieux faisait référence à l'affaire Dominique Strauss-Kahn et Nafissatou Diallo, cette femme de chambre guinéenne qui avait accusé l'ancien directeur général du FMI d'agression sexuelle dans un hôtel Sofitel de New York en 2011. Rachel Kéké avait elle-même exercé le métier de femme de chambre avant de devenir députée du Val-de-Marne en 2022. Elle avait annoncé à l'époque son intention de saisir la justice après la publication de Bruno Attal.

Le jugement reconnaît le caractère raciste

Deux ans plus tard, Rachel Kéké annonce donc la condamnation de Bruno Attal. "Aujourd'hui, le tribunal l'a déclaré coupable d'injure raciste à mon encontre, et condamné à 2000 euros d'amende", écrit-elle dans son communiqué. L'ancienne parlementaire précise également la motivation qu'elle attribue à la décision : "Le jugement reconnaît que ce parallèle a été dressé en raison de nos origines africaines communes."

Rachel Kéké replace cette condamnation dans un contexte plus général de racisme visant, selon elle, les femmes noires engagées en politique. "La négrophobie, et plus particulièrement la misogynoire, sont aujourd'hui de plus en plus décomplexées", dénonce-t-elle. Elle cite notamment le cas de Danièle Obono, caricaturée en esclave par Valeurs actuelles, ainsi que celui de Nadège Abomangoli, vice-présidente de l'Assemblée nationale, dont elle affirme qu'elle fait l'objet "de menaces et d'insultes constantes".

"Même maquillé en humour, le racisme reste un délit"

L'ancienne députée LFI voit dans cette décision de justice un rappel des limites de la liberté d'expression. "Par ce jugement, le tribunal rappelle notre droit au respect et à la dignité", estime-t-elle, avant de conclure son communiqué par cette phrase : "Même maquillé en "humour", le racisme reste un délit."

Bruno Attal, ancien policier et syndicaliste, s'est fait connaître ces dernières années par ses interventions sur les réseaux sociaux et ses prises de position politiques. Il avait notamment été candidat aux élections législatives sous l'étiquette Reconquête. La condamnation annoncée par Rachel Kéké intervient après plusieurs procédures judiciaires liées à certaines de ses publications. En mai dernier, il comparaissait notamment dans une autre affaire l'opposant à la députée Ersilia Soudais.

Un homme habitué aux procédures

Le parcours de Bruno Attal a par ailleurs été marqué par plusieurs procédures administratives et judiciaires. Alors policier, il a notamment été visé par plusieurs enquêtes de l'IGPN, en particulier pour des manquements présumés à son devoir de réserve liés à son engagement contre le pass sanitaire et le port du masque pendant la pandémie de Covid-19, ainsi qu'à certaines de ses publications sur les réseaux sociaux. Une enquête administrative avait également été ouverte en 2021 après la diffusion d'une vidéo tournée lors d'une garde à vue.

En 2022, la justice l'avait contraint à révéler la source d'une vidéo captée illégalement. En août 2023, la diffusion d'une vidéo montrant une policière exprimant son désespoir quelques jours avant son suicide avait conduit la sœur de cette dernière à porter plainte contre Bruno Attal et Cédric Vladimir. Enfin, en février 2025, Bruno Attal a été condamné pour injure publique après une publication de 2022 assimilant La France insoumise à l'antisémitisme : il avait été condamné à 500 euros d'amende, ainsi qu'à verser 800 euros de dommages-intérêts et 1 000 euros au titre des frais de procédure au parti.