C'est une émission culte. Lancée en 1982 sur Antenne 2, L'heure de vérité a fait son grand retour sur France 2 ce 8 octobre. Pour cette grande première, Édouard Philippe a accepté l'invitation. L'ancien Premier ministre, maire du Havre et candidat Horizons à l’élection présidentielle a ainsi répondu aux questions de Caroline Roux. Il succède à Élisabeth Badinter, dernière personnalité invitée avant l'arrêt du programme en 1995.

Côté audiences, ce face à face a intéressé 1,68 million de téléspectateurs (10,1% du public). La rédaction de CGTV était bien évidemment devant France 2 hier soir pour regarder la nouvelle formule de L'heure de vérité.

Alors qu'en avons nous pensé ? Voici nos notes.

Clément Garin

14/20 ⭐⭐⭐

Il fallait impérativement dynamiser les émissions politiques, tant elles se ressemblaient toutes et consistaient à simplement interroger un candidat politique… sans jamais le confronter à ses contradictions, et le mettre en difficulté. Et ce qui est assez drôle dans l’histoire, c’est que c’est un concept vieux de 44 ans qui permet de donner un coup de jeune à ces émissions poussiéreuses qui n’intéressent plus personne.

Ce qui est aujourd’hui intéressant dans le traitement de la politique et des candidats à l’Élysée, c’est de les mettre en difficulté, de les confronter à leurs opposants. Je suis resté sur ma réserve pour Édouard Philippe : le casting de contradicteurs est très bon, mais peut-être pas assez pugnace encore. Il faut y aller encore plus !

Le panel de débatteurs est un peu trop “journalistique” à mon goût. Ils sont là pour interviewer, pas pour mettre en grandes difficultés. J’aime l’idée que ce soit de vrais Français en face, un peu comme Face à France de Thierry Ardisson. On s’en rapproche, et c’est ce qui me plaît.

Caroline Roux n’est pas le choix que j’aurais fait pour cette émission. À titre personnel, je la trouve très froide et pas assez pugnace. Elle ne me convainc pas. Mais le plateau est magnifique, le logo historique sympa, et l’offre tient toute sa promesse. Tout va bien !

Mehdi Gadhi

14/20 ⭐⭐⭐

J’aime bien l’idée de retrouver un grand rendez-vous politique où l’on prend le temps de parler du fond. Avec Édouard Philippe, il y avait de la matière : retraites, allocations familiales, immigration… De quoi dépasser les petites phrases habituelles. Caroline Roux est un bon choix pour cet exercice.

J’attends davantage de confrontation. Quand un invité annonce ses mesures, j’ai envie qu’on pousse jusqu’au bout sur leur financement et leur application. Faire revenir une marque aussi forte donne forcément des attentes. Un retour intéressant, mais j’attends encore le moment où l’invité sort vraiment de sa zone de confort.

Clément Macchi

15/20 ⭐⭐⭐

Le retour de L’heure de vérité sur France 2 fait plaisir à voir. Le format a pris un bon coup de jeune : le découpage par rounds de 12 minutes marche très bien, le plateau est propre et Caroline Roux mène la barque sans monopoliser la parole. Pas de temps mort, on ne s'ennuie pas.

Par contre, tout le sel de ce genre d'émission dépend de la pugnacité des journalistes. Heureusement, Benjamin Duhamel était là pour casser ce confort en attaquant directement sur le fond, et Eugénie Bastié a au moins eu le mérite de poser les questions clivantes sur la ligne politique. Sans eux deux, cette première aurait ressemblé à un grand oral bien poli plutôt qu’à un vrai ring de campagne.

Si France 2 veut en faire LE grand rendez-vous de la campagne, il faudra garder ce niveau d'exigence et de mordant avec les prochains invités. Vivement la suite !

Alex Reusel

16/20 ⭐⭐⭐⭐

Le fameux retour de L’heure de vérité sur France TV… ! On sent que l’élection présidentielle approche ! Et on ne va pas se mentir : il n’y a là rien de révolutionnaire. On connait l’émission, la mécanique de mettre le candidat face à des contradicteurs est la même mécanique que l’on voit sur la totalité des chaines qui interrogent des politiques… Bon voilà, comme je l’ai dit : rien de révolutionnaire.

Maintenant soyons honnête, L’heure de vérité est l’un des rendez-vous politiques les plus aboutis du PAF. Nouveau plateau très beau, le décor est sympa. Les intervenants sont de qualité, et Caroline Roux a été, je trouve, excellente en cette rentrée. MAIS… Je pense aussi qu’elle avait l’un des candidats les plus faciles à recevoir pour cette première. J’ai hâte de voir ce que donneront les prochains invités. Ce programme sera sans doute très suivi dans les semaines à venir. Il est important qu’il soit de qualité sur la durée.

Lou Anav

15/20 ⭐⭐⭐

J’aime beaucoup le concept ! Je trouve l’émission très bien pensée et surtout très bien rythmée. L’idée de faire intervenir plusieurs journalistes est vraiment intéressante, parce que chacun arrive avec sa manière d’interroger et ses sujets. Ça permet de changer régulièrement de ton et de ne jamais avoir l’impression de regarder une longue interview politique classique.

Les douze minutes accordées à chaque journaliste, je trouve que c’est vraiment le bon équilibre : c’est suffisamment long pour développer un sujet et avoir de vraies réponses, mais pas assez pour que ça devienne répétitif ou trop lourd. Le fait de changer d’interlocuteur relance à chaque fois l’émission et oblige aussi l’invité à s’adapter.

Caroline Roux est très bien dans ce rôle, rien à redire. Elle est à l’aise, maîtrise parfaitement ses sujets et sait relancer sans en faire trop. J’aime aussi le fait qu’elle ne prenne pas toute la place et qu’elle laisse vraiment exister les autres journalistes.

Globalement, j’ai trouvé le programme assez moderne dans sa manière de traiter l’interview politique. Ça va droit au but, il y a peu de temps mort et on reste facilement jusqu’au bout. Pour une première, je trouve que France 2 tient un concept qui peut vraiment fonctionner dans la durée, surtout si les invités et les journalistes changent régulièrement.

Mon seul petit bémol, peut-être, c’est qu’avec un format aussi cadré, certaines réponses mériteraient parfois quelques minutes supplémentaires. Mais finalement, c’est aussi ce qui donne son rythme à l’émission.

Charlotte Arrigoni

15/20 ⭐⭐⭐

Alors que l'élection présidentielle approche, il me paraît primordial d'en savoir plus sur tous les candidats et leurs propositions afin de voter de la manière la plus juste au printemps prochain. Ainsi, avec L'heure des vérités, France Télévisions joue parfaitement son rôle. Ce type de face à face est précieux car, à l'inverse des débats cacophoniques, on entend et on comprend (enfin) le candidat en plateau. Je trouve personnellement qu'on ressort de là enrichi. Deux heures 30 de dialogue ne me semble d'ailleurs pas de trop pour évoquer tous les sujets qui intéressent les Français.

Caroline Roux, quant à elle, est excellente dans cet exercice. Elle laisse parler ses invités mais sait être incisive quand il le faut. Par ailleurs, le fait d'être épaulée par plusieurs intervenants, des spécialistes dans leurs domaines, permet d'enrichir l'émission.

En revanche, pour ce qui est de la forme… Déjà le générique (Live and Let Die de Paul McCartney et les Wings) est ultra-anxiogène alors, s'il vous plaît, France Télévisions BAISSEZ-LE SON ! On n'a quasiment pas entendu le lancement de Caroline Roux tant la musique a pris le dessus. Musique "un peu obsédante" a d'ailleurs reconnu Édouard Philippe à peine installé dans son fauteuil.

Coralie Berkouk

15/20 ⭐⭐⭐

Franchement, j’ai trouvé ça intéressant. La politique, c’est pas évident à mettre en émission, et c’est dur de convaincre tous les publics en même temps.

Là, ils y arrivent plutôt bien. Caroline Roux a une façon d’animer qui rend les choses claires, même quand on s’y connaît pas trop.

Ce que j’ai aimé, c’est qu’on donne la parole à un invité qui est vraiment légitime, ici Édouard Philippe pour ce premier numéro. On sent une parole plus sincère, plus directe.

Après, je suis pas non plus à fond dedans. C’est pas le genre d’émission que je regarde chaque semaine, mais ça fait du bien d’avoir un vrai rendez-vous politique à la télé.

Je regarderai sûrement d’autres numéros, surtout avec la présidentielle qui approche.

Matt

14/20 ⭐⭐⭐

Faire du neuf avec du vieux, pourquoi pas, surtout quand il s’agit d’un programme aussi emblématique que L’heure de vérité !

À l’approche de la présidentielle de 2027, France 2 fait le choix de redonner une véritable place au débat politique de fond, et c’est plutôt une bonne nouvelle. Caroline Roux est parfaitement légitime à la présentation, et la diversité des journalistes présents autour de la table apporte un réel intérêt au concept.

J’apprécie cette volonté de prendre le temps de questionner les personnalités politiques, loin des petites phrases et des débats qui tournent parfois au spectacle.

Petit bémol : malgré un habillage modernisé, le format reste assez classique et manque encore d’un peu de rythme pour séduire un public plus jeune.

Mais dans une télévision où tout va toujours plus vite, prendre le temps de débattre, c’est peut-être finalement ça, la modernité !

Vaarruecos

14/20 ⭐⭐⭐

Je trouve que le concept de L’heure de vérité est particulièrement intéressant, car il remet l’interview politique au centre du débat. Le principe de confronter une personnalité comme Édouard Philippe à ses idées, ses choix et ses contradictions peut permettre aux téléspectateurs de mieux comprendre les enjeux politiques. Mais pour moi, tout repose sur la qualité des questions.

Si l’émission se contente de laisser l’invité dérouler son discours, elle perd tout son intérêt. J’attends des questions directes, des relances pertinentes et de véritables échanges, quitte à créer des moments de tension. C’est justement ce qui peut rendre le concept fort : pousser les personnalités politiques à sortir de leur communication habituelle.

À mon sens, une émission comme celle-ci doit informer, bousculer et faire réfléchir, plutôt que simplement offrir une tribune à ses invités.

Moyenne de la rédac

14,6/20 ⭐⭐⭐

C'est un excellent début pour Caroline Roux et la rédaction de France 2. Ressusciter une émission emblématique n'est jamais simple mais force est de constater que le résultat nous a plu. Maintenant, il va falloir transformer l'essai et sans doute être un brin plus incisif lorsqu'il s'agira d'interroger d'autres personnalités politiques bien plus piquantes qu’Édouard Philippe.