Décidément, le mois de septembre ne laisse aucun répit à Marie Portolano. En effet, alors que nous revenions hier sur ses confidences concernant les audiences compliquées de l'émission dédiée à la parentalité qu'elle co-anime, La Maison des maternelles, la présentatrice fait aujourd'hui face à une tout autre épreuve : la parution de son autobiographie est visée par la justice.
Publié en mars 2024, l'ouvrage Je suis la femme du plateau voyait l'ancienne journaliste sportive retracer son parcours et dénoncer les comportements sexistes dans le milieu audiovisuel. Trois mois après sa parution, Pierre Ménès décidait de porter plainte en diffamation avec constitution de partie civile, entraînant une mise en examen quasi-automatique de l'auteure et de son éditeur, Manuel Carcassonne.
En cause, deux passages ciblés où l'animatrice évoquait, sans nommer explicitement l'ancien chroniqueur vedette de Canal+ : "Il se permettait de faire ce que bon lui semblait aux femmes qui l'entouraient. De toucher qui il voulait, où il voulait, avec le consentement non des personnes concernées évidemment, mais de celles qui auraient tout à fait pu l'arrêter." Dans la seconde citation visée, elle écrivait à son sujet : "Il avoue qu'il l'a fait." L'avocat de l'animatrice, Me Christophe Bigot, dénonce une procédure éprouvante : "Elle ne devrait pas être poursuivie en diffamation alors qu'elle ne fait que témoigner de ce qui lui est arrivé."
D'agression sexuelle à la diffamation : retour sur l'affaire Pierre Ménès
Pour bien comprendre le contexte, il faut remonter à mars 2021 et à la diffusion du documentaire choc "Je ne suis pas une salope, je suis une journaliste", co-réalisé par Marie Portolano pour dénoncer le sexisme dans les rédactions sportives. Dans la foulée, des séquences coupées au montage par Canal+ avaient émergé dans les médias, révélant qu'en 2016, hors antenne mais devant le public du Canal Football Club, Pierre Ménès avait soulevé la jupe de la journaliste avant de commettre un geste déplacé à son encontre. Une vive polémique qui avait mis un terme à près de douze ans de collaboration entre le chroniqueur et la chaîne.
Si Marie Portolano n'avait pas déposé plainte personnellement, le parquet de Nanterre a néanmoins ouvert une enquête pour ces faits l'année suivante, ouvrant la voie à un procès pénal prévu le 16 novembre prochain. Par ailleurs, Pierre Ménès a déjà été condamné en 2023 à deux mois de prison avec sursis pour une agression sexuelle commise en 2018 dans un magasin.
L'audience de ce lundi 7 septembre pourrait toutefois ne pas se tenir. La nouvelle avocate de Pierre Ménès, Maître Chloé Redon, a formulé une demande de renvoi en raison d'un rendez-vous médical de son client à Rennes. Une démarche à laquelle s'oppose la défense de Marie Portolano, Maître Christophe Bigot estimant que l'ancien consultant cherche à temporiser face à un dossier mal engagé.










