La justice a tranché, mais Olivier Bouygues entend contester sa décision. Ce vendredi 23 octobre, le tribunal correctionnel d'Orléans a condamné l'homme d'affaires à deux ans de prison avec sursis pour destruction d'espèces d'oiseaux protégées sur son domaine de chasse en Sologne. Cette peine est accompagnée d'une amende de 750.000 euros, le maximum encouru, et du retrait de son permis de chasse pendant trois ans. Le milliardaire était jugé avec cinq autres prévenus, parmi lesquels le régisseur et des gardes-chasse de sa propriété de Fontenaille, à La Ferté-Saint-Aubin, dans le Loiret. Son avocat a immédiatement annoncé son intention de faire appel.

L'affaire avait commencé par une dénonciation anonyme, avant que des perquisitions ne révèlent des cadavres d'animaux sur ce domaine de 650 hectares. Plusieurs espèces protégées avaient notamment été découvertes, dont des buses, des grandes aigrettes, des grands cormorans et des faucons crécerelles. Les enquêteurs avaient également retrouvé du matériel de chasse interdit, ainsi que des documents recensant les animaux à éliminer. Un système de primes récompensant leur destruction avait aussi été mis au jour. Selon l'accusation, ces pratiques visaient à supprimer les prédateurs du petit gibier pour préserver les parties de chasse organisées sur la propriété.

Une décision que sa défense entend contester

Pendant son procès, Olivier Bouygues a nié toute responsabilité. Il a expliqué ne pas gérer quotidiennement les affaires du domaine, tandis que les cinq autres prévenus avaient reconnu les faits. Ces derniers ont également été condamnés, avec des peines allant de six mois à deux ans de prison avec sursis. Le tribunal a par ailleurs retenu un préjudice écologique et ordonné le versement solidaire de 360.000 euros à neuf associations, dont environ 70% à la charge du milliardaire. Sa défense refuse toutefois d'en rester là. "Il n'est pas question d'accepter cette décision", a déclaré son avocat, Me Éric Grassin, en rappelant qu'elle n'était pas définitive.

Olivier Bouygues est notamment connu pour ses liens avec TF1. Avec son frère Martin et leurs familles, il contrôle la holding SCDM, qui détenait 28,3% du capital du groupe Bouygues fin 2025. Ce groupe est lui-même le principal actionnaire de TF1, leur participation dans la chaîne est donc indirecte. L'affaire jugée à Orléans concerne toutefois son domaine de chasse personnel. Son avocat ayant annoncé son intention de faire appel, cette condamnation n'est pas définitive.