Le retour annoncé de Xenia Fedorova sur CNews prend désormais une tournure politique. Deux jours après que la chaîne d'information a confirmé que son ancienne chroniqueuse pourrait prochainement reprendre ses interventions en visioconférence depuis l'étranger, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot monte au créneau. Invité de France Inter ce vendredi 4 septembre, il s'est dit "affligé" par la décision de CNews de continuer à donner la parole à l'ancienne dirigeante de RT France.
"Je suis affligé de constater qu'un certain nombre de médias en France lui offrent encore des tribunes", a réagi le ministre. Une prise de position qui intervient alors que Xenia Fedorova continue également de publier dans Le JDNews et Le Journal du dimanche depuis son départ de France. Le gouvernement lui reproche d'avoir constitué un relais de campagnes de désinformation favorables aux autorités russes, ce que l'intéressée conteste.
CNews a trouvé une solution pour la faire revenir
Mercredi soir, Gauthier Le Bret avait annoncé à l'antenne que les juristes de Canal+ s'étaient penchés sur la situation de la chroniqueuse. "Les services juridiques de Canal+ ont regardé cette décision et Xenia Fedorova n'est pas empêchée d'intervenir à distance, en visio, sur l'antenne de CNews et sur L'Heure Inter, dans laquelle elle avait l'habitude d'intervenir", avait-il expliqué.
Son retour est annoncé "très prochainement", les mercredis et dimanches. Il se fera donc exclusivement à distance puisque Xenia Fedorova se trouve désormais à l'étranger. La chaîne considère que l'arrêté pris contre elle ne fait juridiquement pas obstacle à des interventions en visioconférence. Une manière de maintenir sa présence éditoriale sans qu'elle se trouve physiquement sur le territoire français.
Expulsée pour "atteinte aux intérêts fondamentaux de l'État"
Xenia Fedorova est visée depuis la fin du mois de juillet par un arrêté d'expulsion pris par le ministère de l'Intérieur pour "atteinte aux intérêts fondamentaux de l'État". Le document considère qu'elle représente "une menace particulièrement grave et actuelle pour l'ordre public". Son titre de séjour de dix ans a été remis en cause et ses avoirs en France ont également été gelés. Ses premières tentatives devant la justice administrative pour suspendre la mesure ont échoué, même si la procédure visant à la contester se poursuit.
Ancienne présidente de RT France, Xenia Fedorova est accusée par les autorités françaises d'être "un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes" visant à "déstabiliser l'ordre public". Elle récuse cette présentation et dénonce depuis plusieurs semaines une décision politique. Le ministère russe des Affaires étrangères avait lui-même pris sa défense après l'annonce de son expulsion, la présentant comme victime de "persécution politique".
Le désaccord dépasse donc désormais le seul terrain juridique. CNews assume la possibilité de continuer à faire intervenir Xenia Fedorova depuis l'étranger, tandis que le chef de la diplomatie française critique publiquement le choix éditorial de lui maintenir une tribune. Une nouvelle séquence dans une affaire qui oppose depuis plusieurs semaines la chroniqueuse aux autorités françaises.











