La colère ne redescend pas du coté des syndicats de journalistes du service public. Après la CGT, France 2 est désormais dans le viseur de la Société des Journalistes de France Télévisions. En cause : la diffusion, dimanche soir, d'un sujet de 12 minutes sur les violences survenues lors des manifestations du 17 octobre. Une succession d'images sans commentaires.
La CGT a appelé à la démission de Laurent Delahousse et des équipes du 20 Heures de France 2, dans un communiqué le 20 octobre. "Le 20h fait la démonstration de sa fascination pour la violence, une obsession. (...) 12 minutes d’images de casse jusqu’à la nausée (...) On tourne en rond autour des poubelles en feu, le démontage du mobilier urbain, dans les nuages de gaz lacrymogènes (...) C’est sans fin", est-il écrit.
"On est tous heurtés par cette séquence"
Ce jeudi 22 octobre, c'est Valéry Lerouge, le président de la Société des journalistes de France Télévisions, qui s'est exprimé auprès de Télérama. "Honnêtement, le journal de dimanche soir était bien structuré et équilibré. À nos yeux, il tenait la route jusqu’à 20h44. Puis, c’est le dérapage, total et non contrôlé, avec cette séquence qui est un ovni. Une analyse que nous partageons à peu près tous, rédacteurs, chefs de service et même certains rédacteurs en chef. On est tous unanimement heurtés par cette séquence", explique-t-il.
Valéry Lerouge détaille que le reportage a commencé à 15h dimanche "avec une journaliste qu’on fait revenir de toute urgence et un monteur qui découvre les rushes", des conditions qui ne permettent pas de fournir "un sujet de qualité", selon lui. "Je pense qu’ils ont un peu péché par excès d’optimisme", poursuit-il. Le montage du reportage a été terminé au cours du JT, de ce fait "ni la rédaction en chef ni le directeur d’info n’étaient au courant que c’était un 'no comment' (...) La séquence a été diffusée, mais personne ne s’en satisfait", assure-t-il.
Ce dernier indique avoir échangé par téléphone avec le directeur de l'information, Philippe Corbé suite à cette diffusion, sans dévoiler le contenu de leur échange. "Lundi, nous avons reçu une avalanche de mails et de SMS. Les équipes habituelles du « 20h30 le samedi » et « 20h30 le dimanche » sont assez meurtries, car elles passent leur temps à essayer de fabriquer des sujets qui tiennent la route", confie-t-il. Avant de conclure : "Un résultat éclipsé par cet objet non identifié, qui n’est même pas passé au mixage. Douze minutes non mixées, je n’ai pas le souvenir que ça soit déjà arrivé !"













