Jordan Bardella bientôt devant la justice? Le 28 septembre dernier, Médiapart lâchait une bombe politique en exhumant des messages privés à caractère antisémite envoyés, lorsqu'il était adolescent, par celui qui n'était encore qu'un simple militant du Front National.
Rapidement, Jordan Bardella avait fait part de son intention de porter plainte pour diffamation contre Médiapart. Suite à la publication des preuves en la possession du média indépendant dans un second article, le 1er octobre dernier, le président du Rassemblement National en avait remis une couche en parlant, cette fois, d'une seconde plainte pour faux et usage de faux. Une défense qui n'avait notamment pas manqué de faire réagir Tristan Waleckx, présentateur du magazine d'investigation de France 2, Complément d'enquête.
"Pour rappel, quand 'Complément d'enquête' avait révélé le faux compte Twitter de Jordan Bardella, où il enchaînait blagues racistes et hommage au 'grand sociologue' (sic) Alain Soral, il avait annoncé déposer une plainte. Deux ans plus tard, celle-ci n'a toujours pas été reçue", avait fait savoir Tristan Waleckx sur son compte X (anciennement Twitter).
"Nous ne pouvons pas attaquer sur les messages antisémites en eux-mêmes car ces faits sont prescrits", mais...
D'autres préfèrent, toutefois, ne pas attendre de voir s'il s'agit, une nouvelle fois, d'une simple intimidation. C'est le cas de la Ligue de défense des valeurs républicaines, qui représente treize associations à l'échelle nationale, et qui voit dans ces plaintes une volonté du député européen d'extrême-droite de "museler la presse".
C'est pourquoi les treize associations comptent déposer plainte, ce mercredi 7 octobre, contre Jordan Bardella pour "dénonciation calomnieuse, dénonciation mensongère à l'autorité judiciaire, entrave concertée à la liberté d'expression par menaces et diffamation publique". "Nous ne pouvons pas attaquer sur les messages antisémites en eux-mêmes car ces faits sont prescrits", précise Michaël Bastien, dirigeant de la Ligue de défense des valeurs républicaines, à nos confrères et consœurs du groupe EBRA.
Pour rappel, Jordan Bardella était aux côtés de Marine Le Pen lorsque cette dernière lui a récemment réaffirmé publiquement son soutien devant les caméras, tout en conseillant à la rédaction de Médiapart "d'enfiler son costard en kevlar", la matière dont sont faits les gilets pare-balles. Les sociétés de journalistes d'une quarantaine de rédactions s'étaient alors émues, dans une tribune commune, de cette déclaration, "dénonçant sans réserve les menaces de mort proférées par le RN contre nos confrères de Médiapart et les nombreuses attaques de l'extrême-droite contre les journalistes sur l'ensemble du territoire".