C'est une terrible nouvelle dans l'affaire judiciaire visant Sébastien Cauet. Julie Ollivier, première femme à avoir déposé plainte pour viols contre l'animateur en novembre 2023, s'est suicidée le lundi 2 novembre 2026, à l'âge de 28 ans. Son décès a été confirmé ce vendredi 6 novembre par l'association MeToo Media auprès de l'AFP et du Nouvel Obs. La jeune femme était devenue l'un des visages de cette affaire après avoir publiquement dénoncé les faits qu'elle disait avoir subis. Les circonstances précises de sa mort n'ont pas été rendues publiques.

L'annonce de son décès a provoqué une profonde émotion au sein de l'association MeToo Media, qui accompagne les personnes dénonçant des violences sexistes et sexuelles dans le monde de la culture et des médias. "On est dévastés, on est dans la sidération", a réagi sa fondatrice, Emmanuelle Dancourt. Julie Ollivier était adhérente de l'association et entretenait des liens réguliers avec plusieurs de ses membres. "On la connaissait très bien. Elle était adhérente à l'association, où elle avait une écoutante, des amies. Elle venait à nos événements. On ne s'y attendait pas. C'est une période où on pensait qu'elle allait mieux", a-t-elle confié.

Une plainte déposée en 2023 qui avait déclenché l'affaire Cauet

En novembre 2023, Julie Ollivier avait été la première à porter plainte contre Sébastien Cauet, accusant l'animateur de l'avoir violée en 2014, à Genève, alors qu'elle était âgée de 16 ans. Elle dénonçait également d'autres faits qui se seraient déroulés jusqu'en 2022. Sa plainte avait marqué le début d'une affaire judiciaire majeure, à laquelle se sont ensuite ajoutées les accusations d'autres femmes. En mai 2024, Sébastien Cauet avait été mis en examen pour plusieurs faits de viols et une agression sexuelle concernant quatre femmes, dont trois étaient adolescentes à l'époque des faits dénoncés. L'animateur conteste les accusations et reste présumé innocent.

La procédure judiciaire était toujours en cours au moment du décès de Julie Ollivier. Le 14 octobre dernier, Sébastien Cauet avait notamment été interrogé par la juge d'instruction chargée du dossier, pour la première fois sur le fond des accusations depuis sa mise en examen. De son côté, la jeune femme avait également engagé d'autres démarches judiciaires. En juillet 2025, elle avait déposé plainte pour cyberharcèlement, atteinte à l'intimité de la vie privée et violation du secret de l'instruction, notamment. L'animateur avait lui aussi déposé plusieurs plaintes contre elle, notamment pour diffamation, tentative d'extorsion et cyberharcèlement. Ces procédures distinctes s'inscrivaient dans un contexte judiciaire particulièrement conflictuel.

Son avocate annonce que la famille poursuivra la procédure

Contactée après l'annonce du décès, l'avocate de Julie Ollivier, Me Helin Köse, a exprimé son "immense tristesse". Elle a salué le courage de sa cliente, qui avait choisi de dénoncer publiquement les faits dont elle se disait victime et de maintenir ses accusations malgré les difficultés. "Elle a eu le courage de dénoncer ce qu'elle a subi et de porter sa parole jusqu'au bout", a déclaré l'avocate. La famille de la jeune femme souhaite désormais poursuivre les démarches engagées devant la justice, afin que l'instruction puisse aller à son terme.

"Sa famille a choisi de poursuivre le combat judiciaire qu'elle a engagé et se constituera partie civile", a précisé Me Helin Köse, avant d'ajouter : "Notre seul souhait est que son deuil soit respecté". Le décès de Julie Ollivier ne met donc pas fin à l'information judiciaire visant Sébastien Cauet, qui demeure présumé innocent des faits qui lui sont reprochés. À ce stade, aucun élément public ne permet d'établir les causes personnelles de son geste ni de l'attribuer à une circonstance particulière. Au-delà de l'affaire judiciaire, c'est aujourd'hui la disparition d'une jeune femme de 28 ans qui suscite une profonde émotion parmi ses proches et les personnes qui l'accompagnaient.