La journée aura été particulièrement mouvementée pour les salariés des chaînes locales de BFMTV. Ce mercredi 30 septembre, la direction de CMA Média leur a présenté son projet de restructuration des antennes régionales. Comme l'a révélé CGTV dans la matinée, le groupe a finalement décidé de renoncer à la cession de l'ensemble de ses chaînes locales, faute d'offres présentant, selon lui, des garanties suffisantes. Une décision qui s'accompagne toutefois de la fermeture annoncée de BFM Normandie et de BFM DICI, de la fusion des deux antennes du Nord et d'un changement radical de ligne éditoriale pour les chaînes restantes. Ces annonces ont depuis été confirmées par Le Parisien.

La direction souhaite transformer les antennes conservées en chaînes principalement consacrées à l'économie des territoires, en s'appuyant notamment sur BFM Business et La Tribune. Mais ce nouveau modèle s'accompagne d'une restructuration massive : l'effectif cible annoncé est de 80 postes en régions, contre 150 actuellement. Un projet qui a provoqué de vives tensions lors de sa présentation aux équipes et auquel les organisations syndicales ont décidé de répondre par un appel à la mobilisation.

La SNJ et la CGT dénoncent un projet "mortifère"

En fin de journée, le SNJ et la CGT RMC BFM ont publié un communiqué commun au titre sans équivoque : "BFM locales : la moitié des salariés devra partir". Les syndicats rappellent que la direction leur annonçait encore la semaine dernière l'existence d'un repreneur sérieux, prêt à racheter l'intégralité des chaînes locales. Ils dénoncent aujourd'hui un changement de cap brutal, entre l'abandon des offres de reprise, la fermeture de deux antennes et la transformation des autres chaînes en médias à dominante économique.

Les représentants du personnel s'inquiètent également de la nouvelle répartition des programmes envisagée par la direction : 80% de contenus journalistiques et 20% de contenus commerciaux, selon leur communiqué. Ils redoutent un mélange des genres entre information et partenariats commerciaux, alors que les journalistes des antennes locales devront désormais se spécialiser dans l'économie. Les syndicats demandent à la direction de revoir à la hausse son objectif de 80 postes et considèrent que le projet présenté aux salariés relève davantage d'une stratégie commerciale que d'une véritable ambition éditoriale.

Une grève appelée dès le 1er octobre

Face à ces annonces, le SNJ et la CGT ont décidé d'appeler les salariés à la grève à partir du jeudi 1er octobre à 00h01, jusqu'à 23h59. Les deux organisations invitent également l'ensemble des salariés de l'UES RMC BFM à rejoindre la mobilisation en soutien à leurs collègues des régions. Le mouvement pourrait ainsi dépasser le seul périmètre des chaînes locales, même si son ampleur effective ne sera connue qu'une fois la grève engagée.

Dans leur communiqué, les syndicats décrivent des équipes à bout, après plusieurs mois d'incertitudes et de changements successifs de stratégies. Ils mettent directement en cause la responsabilité de la direction dans la situation actuelle. Cette nouvelle mobilisation intervient trois mois après un précédent mouvement de grève déclenché en juin, lorsque CMA Média avait annoncé son intention de céder ses neuf chaînes locales.

Cette fois, le groupe conserve la majorité de ses antennes, mais les salariés dénoncent un projet qui pourrait entraîner le départ de près de la moitié des effectifs régionaux. Le prochain rendez-vous social est attendu sous quinze jours, avec une nouvelle réunion du CSE consacrée au détail de la restructuration et au plan de sauvegarde de l'emploi. D'ici là, la journée de jeudi constituera la première réponse collective des salariés aux annonces faites ce mercredi matin.