Ce n'est pas un match. Il y a maintenant un an, Charles Alloncle devenait la coqueluche des médias du groupe Bolloré avec sa présidence controversée de la commission d'enquête de l'Assemblée Nationale sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public.

Malgré la fin de la commission, le député UDR, du nom du parti d'extrême-droite lancé et dirigé par Eric Ciotti, a continué de faire parler de lui, parfois sans le vouloir. C'est ainsi qu'il a fait l'objet, par exemple, d'un article dans Paris Match en mai dernier. Problème: on y voit dedans des photos du député lors d'un "moment de détente parisienne" avec son attachée parlementaire Shéhérazade Khandani, présentée comme "sa compagne". Or, depuis 2017 et la loi pour la confiance dans la vie politique, votée suite à l'affaire Fillon, "il est interdit à un député ou sénateur d'employer en tant que collaborateur parlementaire son conjoint, son partenaire lié par un PACS, ou son concubin". Même chose pour ce qui est de ses parents, de ceux de son ou sa partenaire, de ses enfants, ou bien de ceux de son ou sa partenaire.

"L'article a, à l'évidence, contribué à nourrir un débat d'intérêt général relatif à la probité de cet élu"

Rapidement, Paris Match tente alors de modifier discrètement l'article, en remplaçant "compagne" par "amie". Mais le mal est fait: la présidente de l'Assemblée Nationale, Yaël Braun-Pivet, décide de saisir le déontologue de la chambre parlementaire. De son côté, Charles Alloncle dénonce "des photos volées" et porte plainte contre le magazine pour atteinte à sa vie privée. Le 25 septembre dernier, la justice a ainsi délibéré sur la question, et sa décision ne devrait pas plaire à Charles Alloncle.

"L'information révélée par l'article, et dont s'est emparée la présidente de l'Assemblée Nationale, a, à l'évidence, contribué à nourrir un débat d'intérêt général relatif à la probité de cet élu, que sa qualité et sa notoriété exposaient à l'intérêt attentif du public", estime le juge des référés, dans un avis relayé par nos confrères et consœurs du Canard Enchaîné. "Il ne saurait donc être considéré, comme le soutiennent les demandeurs, que l'article querellé avait pour seule vocation de satisfaire la curiosité d'un certain lectorat", poursuit-il. Non seulement le député UDR est donc débouté mais, il est condamné à verser 1500 euros au magazine. "Je jure de dire toute la vérité", dit le titre de son livre, en librairies depuis le 30 septembre dernier. Peut-être que sa première réaction à cette décision de justice sera l'occasion d'en faire davantage preuve.