Invité ce vendredi 11 septembre 2026 sur le plateau de C à vous présenté par Mohamed Bouhafsi pour marquer l'anniversaire des attentats, le journaliste fraîchement débarqué sur la chaîne publique à l'époque, se remémore l'incrédulité des premières minutes, alors que la première dépêche AFP tombe à 14h56 précises à Paris :

"Au début, on est loin de se douter de ce qui est en train de se passer. Moi, j’arrive, je vois un petit filet de fumée, je pensais à un de ces petits avions de tourisme qu'il y a tout le temps qui survolent New York. Quand on décide de faire l'édition spéciale, c'est parce qu'on sait que c'est un avion de ligne. Et à ce moment-là, je suis persuadé que c'est un accident."

Pensant d'abord animer un flash de trois minutes sur un crash aérien fortuit, David Pujadas s'installe en plateau avant de voir la réalité le rattraper brutalement :

"Quand j'arrive en plateau, je vois sur l'écran de contrôle qu'un deuxième avion est rentré dans les tours. C'est quand je suis en plateau que je comprends que c'est un acte criminel. Deux avions énormes comme ceux-là qui rentrent dans les tours, là, ce n'est pas une coïncidence."


Une édition de trois minutes devenue marathon de huit heures

Coupé du monde et privé de téléphone en plateau, le présentateur ne doit sa boussole qu'aux indications transmises par son oreillette :

"Moi, quand je suis parti faire l'édition spéciale, c'était trois minutes. L'accident. Là, on me dit que ça va peut-être durer plus longtemps. Ça a duré huit heures."

Un quart de siècle plus tard, l'impact de ce direct hors norme reste indélébile. Si le journaliste admet avoir eu besoin de revoir les images dans les jours qui ont suivi pour "se persuader de la réalité", il confie aujourd'hui une fatigue visuelle et émotionnelle face à ces archives : "Les images que vous passez, je ne peux plus les regarder. C'est trop violent."