La polémique autour des blocages de lycées à Saint-Denis prend une nouvelle tournure judiciaire. Ce mercredi 30 septembre, le préfet de police de Paris, Patrice Faure, a effectué un signalement auprès du procureur de Bobigny visant Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, pour des faits présumés de "provocation à commettre un délit". Le représentant de l'État reproche à l'élu ses déclarations sur la possibilité d'une réaction violente face aux forces de l'ordre, dans un contexte de fortes tensions autour des établissements scolaires de la commune.
Lors de sa venue aux abords du lycée Paul-Éluard, Bally Bagayoko avait notamment évoqué la possibilité pour les lycéens de réagir en cas de provocation policière, en prenant l'exemple d'une gifle. Des propos qui ont conduit le préfet à saisir la justice sur le fondement de l'article 40 du Code de procédure pénale. Ce signalement ne constitue ni une mise en examen ni une condamnation : il appartient désormais au parquet de Bobigny de décider des éventuelles suites judiciaires.
Deux journalistes de BFMTV agressés devant un lycée de Saint-Denis
Cette décision intervient dans un climat particulièrement tendu entre le maire de Saint-Denis et BFMTV. Mardi 29 septembre, deux journalistes de la chaîne, présents aux abords d'un lycée de la commune pour couvrir le mouvement de blocage, ont été pris à partie et molestés. Victimes de violences physiques et verbales alors qu'ils exerçaient leur métier, les deux journalistes ont décidé de porter plainte. BFMTV a également déposé plainte pour soutenir ses collaborateurs et dénoncer les violences dont ils ont été victimes.
L'agression a suscité une vive réaction au sein de la rédaction de BFMTV, dont les journalistes ont dénoncé les difficultés rencontrées par leurs équipes pour couvrir les mobilisations lycéennes. La chaîne a condamné les faits et réaffirmé son attachement à la liberté d'informer. C'est dans les heures qui ont suivi cette agression qu'une nouvelle polémique a éclaté sur les réseaux sociaux, après la diffusion d'une vidéo mettant directement en cause BFMTV.
Bally Bagayoko relaie une lycéenne accusant BFMTV d'être "raciste", puis supprime son partage
Dans une séquence diffusée sur les réseaux sociaux, une lycéenne s'en prend à BFMTV et accuse la chaîne d'être "raciste". Bally Bagayoko a lui-même relayé cet extrait sur son compte X, avant de supprimer son repost quelques minutes plus tard. Une publication de courte durée qui n'est toutefois pas passée inaperçue, alors que deux journalistes de la chaîne venaient précisément d'être agressés dans le cadre de leur couverture des blocages lycéens.
Le député Ensemble Sylvain Maillard a lui-même relayé le repost de Bally Bagayoko en s'en étonnant : "Pourquoi Bally Bagayoko passe ses journées sur BFMTV alors qu’il les considère comme un 'média raciste'" ?
Ce repartage a alimenté les critiques visant le maire de Saint-Denis, accusé par ses détracteurs d'avoir relayé un discours hostile à une rédaction dont deux membres venaient d'être victimes de violences. Il convient néanmoins de distinguer cette polémique du signalement effectué par le préfet : la procédure annoncée ce mercredi concerne les déclarations de Bally Bagayoko sur les réactions possibles des lycéens face aux forces de l'ordre, et non directement la vidéo accusant BFMTV de racisme.













