C'est un nouveau coup dur pour Thélyson Orélien, au cœur d'une polémique littéraire depuis plusieurs jours. Ce vendredi 25 septembre, l'Académie Goncourt a annoncé dans un communiqué transmis à l'AFP qu'elle retirait C'était ça ou mourir, publié chez Grasset, de sa sélection pour le prix Goncourt 2026. Le premier roman de l'écrivain figurait depuis le 2 septembre parmi les ouvrages retenus pour la plus prestigieuse récompense littéraire française.
Cette décision intervient quatre jours seulement après une consécration majeure pour l'auteur : lundi, C'était ça ou mourir avait remporté le Prix du Roman Fnac 2026. Le livre était jusqu'ici l'un des phénomènes de cette rentrée littéraire et figurait également dans les sélections de plusieurs grands prix d'automne, notamment le Renaudot, le Femina, le Médicis, le Décembre et bien sûr le Goncourt.
Des soupçons d'utilisation de l'intelligence artificielle
Depuis le début de la semaine, le succès du roman est toutefois éclipsé par une importante controverse sur ses conditions d'écriture. Des analyses réalisées à l'aide de détecteurs d'intelligence artificielle ont alimenté sur les réseaux sociaux des soupçons selon lesquels la totalité des chapitres de l'ouvrage auraient pu être générées grâce à l'IA, entre 96,7% et 100%.
La polémique s'est depuis élargie à des accusations de plagiat concernant des travaux antérieurs de Thélyson Orélien. RFI, qui édite le Mondoblog, a depuis décidé d'annuler sa venue sur le plateau de l'une de ses émissions phare, prévue la semaine prochaine. C'est dans ce contexte particulièrement tendu que l'Académie Goncourt a finalement décidé de supprimer son roman de sa sélection ce vendredi.
L'auteur et Grasset avaient fermement démenti
Thélyson Orélien avait pourtant catégoriquement contesté les soupçons concernant son roman. Dans une déclaration communiquée cette semaine par Grasset, il affirmait avoir commencé à écrire C'était ça ou mourir à l'automne 2017 et achevé un premier jet en 2019. Il défendait également une écriture puisant dans la tradition littéraire haïtienne et caribéenne, notamment dans la poésie, le rythme et les répétitions.
Grasset avait apporté un soutien sans réserve à son auteur. Dans un communiqué, la maison d'édition s'était élevée "fermement contre tout propos malveillant affirmant de façon péremptoire que le livre aurait été nourri ou écrit par une IA". Elle disait renouveler sa "confiance absolue" à Thélyson Orélien et défendre son travail littéraire.
Le Goncourt avait encore demandé des "preuves irréfutables"
Le revirement est d'autant plus spectaculaire que Philippe Claudel, président de l'Académie Goncourt, s'était montré particulièrement prudent quelques jours auparavant. Interrogé sur la polémique, il avait indiqué qu'il faudrait des "preuves irréfutables" avant d'écarter le roman de la compétition en raison d'un éventuel recours à l'intelligence artificielle. TVA Nouvelles
Deux jours plus tard, l'Académie a donc choisi de retirer C'était ça ou mourir de sa sélection. Cette décision prive Thélyson Orélien de la possibilité de poursuivre la course au Goncourt 2026, alors que la deuxième sélection doit être dévoilée le 6 octobre et que le lauréat sera proclamé le 3 novembre.











