À la tête d'une interview diffusée quotidiennement dans la matinale de RTL, Marc-Olivier Fogiel recevait le président du directoire du groupe Canal+, Maxime Saada, le lundi 5 octobre 2026 sur les ondes de la station du groupe M6. Ce jour-là, le journaliste a bien évidemment interrogé son invité au sujet du projet de loi de finances 2027, dans lequel le gouvernement prévoit le doublement de la TVA sur les télévisions payantes.
Une mesure qui impacterait directement le groupe Canal+, étant donné que l'entreprise verrait son taux de TVA passer de 10 à 20%. Selon Maxime Saada, une telle décision pourrait coûter jusqu’à 200 millions d’euros au groupe qu'il dirige chaque année. Fermement opposé au gouvernement à ce sujet, le dirigeant de Canal+ a dressé une liste des potentiels impacts négatifs que pourrait avoir un doublement de la TVA sur les télévisions payantes.
"C’est une décision absurde qui n’a aucun sens économique, et donc elle ne peut être que politique. (...) Un chef d’entreprise comme moi a la responsabilité que toutes ses géographies soient rentables, on ne peut pas se retrouver dans une situation de non-rentabilité (…). On est passé par très loin de la catastrophe plusieurs fois", a-t-il premièrement lancé.
Maxime Saada : "Canal+ finance le cinéma bien au-delà de ses obligations"
"Canal + en France n’est pas en capacité d’absorber un choc de 200 millions d’euros. (...) On répercutera exactement le montant de la TVA sur les abonnements", a ensuite prévenu Maxime Saada. Avant de préciser cependant que "la majorité des abonnés sont engagés sur un an, voire deux ans, et on ne peut modifier le tarif en cours d’abonnement".
"On se retrouve avec une décision qui met à bas tout le financement du cinéma français. (...) Le pacte fondateur de Canal+ dès 1984, c’est un taux de TVA réduit, celui de la culture, et en contrepartie de cela Canal+ finance le cinéma bien au-delà de ses obligations", a aussi tenu à rappeler le président du directoire du groupe Canal+. Il a par la suite affirmé que son entreprise financerait "trois quarts de films en moins" si la TVA passait de 10 à 20% pour la chaîne cryptée.
Maxime Saada a par ailleurs souligné que Canal+ est aussi "le premier financeur du sport en français avec le Top 14, la Ligue des champions et la D1 féminine". "Le PSG gagne plus d'argent avec la Ligue des champions que nous finançons qu'avec la Ligue 1. Le rugby l'a souligné en disant que 70 % des ressources de la Ligue venaient des droits audiovisuels versés par Canal+. (...) Qui va se substituer à Canal+ pour financer le sport et le cinéma ? Vous avez vu ce que ça a donné la Ligue 1 quand Canal+ n'est pas là pour financer ?", a finalement conclu le dirigeant de la chaîne cryptée.