Une semaine après avoir décidé de boycotter BFMTV, La France insoumise a annoncé ce mercredi 16 septembre qu'elle répondrait de nouveau aux invitations de la chaîne, mais en posant plusieurs limites. Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon refuse notamment de participer à 100% Mabrouk, estimant que l'émission de Sonia Mabrouk est dévolue à l'extrême droite. LFI maintient également son refus de débattre avec Raphaël Enthoven et Robert Ménard.

La décision intervient dans un climat déjà particulièrement tendu autour de Sonia Mabrouk depuis son arrivée sur BFMTV. Les syndicats SNJ et CGT de RMC BFM ont récemment accusé la journaliste de complaisance à l'égard de l'extrême droite et contesté la manière dont elle avait conduit certaines interviews, notamment celle de Sarah Knafo le 7 septembre. Sonia Mabrouk leur avait répondu frontalement : "Le journalisme, c'est le pluralisme. Il faudra s'y habituer", avant d'assurer qu'elle ne se laisserait "pas salir".

BFMTV refuse de se faire "dicter des conditions"

Face aux nouvelles conditions posées par LFI, BFMTV a décidé de réagir officiellement ce mercredi soir. La chaîne rappelle qu'elle entend conserver la maîtrise de ses choix éditoriaux et de ses invitations : "BFMTV reste libre de sa programmation et de sa ligne éditoriale et ne saurait en aucun cas se voir dicter des conditions." Une réponse directe au communiqué des Insoumis, qui avaient expliqué quelques heures auparavant vouloir revenir sur certains plateaux seulement.

La chaîne réaffirme également sa volonté de recevoir des représentants de toutes les sensibilités politiques et de s'adresser à l'ensemble du public. Ce bras de fer dépasse donc désormais le seul cas de Sonia Mabrouk : BFMTV conteste le principe même qu'un parti puisse conditionner sa présence sur son antenne au choix des émissions ou de certains contradicteurs. De son côté, LFI reste libre de décliner les invitations qui lui sont adressées et maintient à ce stade son boycott de 100% Mabrouk.

Olivier Truchot et Apolline de Malherbe soutiennent la position de BFMTV

Plusieurs visages importants de la chaîne ont décidé de sortir du silence. Olivier Truchot, qui avait déjà publiquement soutenu Sonia Mabrouk lorsque celle-ci avait été prise à partie par les syndicats, a relayé la position de son employeur : "BFMTV reste libre de sa programmation et de sa ligne éditoriale et ne saurait en aucun cas se voir dicter des conditions." Une nouvelle prise de position de l'animateur de Marschall Truchot, alors que les tensions autour de sa consœur agitent la rédaction depuis plusieurs jours.

Plus notable encore, Apolline de Malherbe prend à son tour position publiquement dans cette affaire, après être restée silencieuse lors des précédentes polémiques entourant l'arrivée de Sonia Mabrouk. "BFMTV reste libre de sa programmation et de sa ligne éditoriale, et ne saurait en aucun cas se voir dicter des conditions. Fidèle à ses principes, BFMTV entend s'adresser à tous les Français, quelles que soient leurs opinions", écrit la journaliste.

Le grand reporter de BFMTV Raphaël Grably a lui aussi réagi en défendant l'indépendance éditoriale des médias : "Un rappel : en France, les médias sont libres, et ne se font pas dicter leur ligne éditoriale par des partis politiques." Trois prises de parole qui témoignent cette fois d'un soutien public à la position de la direction de BFMTV, alors que le cas Sonia Mabrouk cristallise depuis plusieurs semaines à la fois des tensions internes à la chaîne et des affrontements avec certaines formations politiques.

BFMTV s'adressera à "tous les Français quelles que soient leurs opinions"

De son côté, la direction de BFMTV a publié un communiqué officiel ce mercredi soir après avoir "pris connaissance du communiqué de La France insoumise de continuer de boycotter une partie de ses émissions". La chaîne considère qu'il s'agit d'"une atteinte à sa liberté de programmation" et que son "indépendance éditoriale est remise en cause". BFMTV rappelle s'être "toujours attachée à recevoir l'ensemble des formations politiques, dans le respect du pluralisme et des règles de l'ARCOM", avant de prévenir qu'elle "reste libre de sa programmation et de sa ligne éditoriale et ne saurait en aucun cas se voir dicter des conditions". Et de conclure : "Fidèle à ses principes, et plus encore en ce début de campagne électorale, BFMTV entend s'adresser à tous les Français, quelles que soient leurs opinions."