L’interview a duré une vingtaine de minutes. Après sa diffusion, Simon Le Baron et Audrey Tison ont été la cible d’attaques et de menaces sur les réseaux sociaux. Interrogé à ce sujet par Emmanuelle Daviet, médiatrice de Radio France, Richard Place, directeur de la rédaction de la radio franceinfo, a expliqué comment la station avait réagi. La direction a rapidement condamné les attaques dans un communiqué et assuré les deux journalistes de son soutien.

Richard Place a rappelé que franceinfo pouvait apporter un soutien juridique, médical et éditorial à ses journalistes lorsqu’ils sont pris pour cible. Dans le cas de Simon Le Baron et Audrey Tison, il a évoqué un accompagnement "juridique et médical proposé à nos journalistes dans ces moments-là". "Je ne veux pas surjouer la chose, mais ce sont des moments compliqués à vivre", a-t-il ajouté.

Une interview qui a divisé les auditeurs

L’échange s’était tendu dès l’ouverture du 8h30 de franceinfo. Après avoir rappelé les condamnations d’Éric Zemmour, Simon Le Baron avait demandé à Sarah Knafo si elle condamnait l’attentat raciste de Trappes. L’eurodéputée de Reconquête avait contesté la façon dont le journaliste avait introduit sa question. Après la diffusion, certains auditeurs ont écrit à la médiatrice pour saluer le sang-froid des deux journalistes. D’autres ont jugé l’entrée en matière trop offensive ou regretté que la confrontation prenne le pas sur les questions de fond.

Fallait-il mettre fin à l’interview ? Plusieurs auditeurs ont posé la question à la médiatrice. Le directeur de la rédaction Radio de franceinfo dit comprendre la frustration de ceux qui auraient voulu entendre davantage de réponses sur le fond. Mais il profite pour rappeler qu’un journaliste peut interrompre un entretien si les conditions de l’échange ne sont plus réunies. La décision est difficile à prendre en direct, reconnaît-il, mais le journaliste doit pouvoir la prendre "à tout moment".