La guerre est désormais ouverte entre Sonia Mabrouk et une partie des syndicats de RMC BFM. Au lendemain d'un deuxième communiqué particulièrement sévère du SNJ et de la CGT à son encontre, la journaliste a décidé de sortir du silence ce vendredi matin. Les organisations syndicales lui reprochent notamment le traitement de certains invités dans 100% Mabrouk, estimant que certaines interviews sont conduites "sans aucune opposition, sans aucun recadrage". Elles avaient déjà vivement contesté sa ligne éditoriale quelques jours seulement après son arrivée à BFMTV.

Cette fois, Sonia Mabrouk répond directement. "Le journalisme, c'est le pluralisme. Il faudra s'y habituer. Votre hémiplégie politique et démocratique est déshonorante a fortiori en pleine campagne présidentielle. Je ne me laisserai pas salir", écrit-elle. Une réponse particulièrement ferme qui a immédiatement provoqué une vague de réactions. Plusieurs journalistes et personnalités du PAF ont décidé de prendre publiquement sa défense, certains en employant des mots tout aussi sévères à l'égard des syndicats.

Olivier Truchot s'oppose frontalement aux syndicats de sa propre chaîne

Le soutien le plus symbolique est sans doute celui d'Olivier Truchot. Le journaliste travaille lui-même à BFMTV, où il présente notamment BFM Story avec Alain Marschall. Il n'a pourtant pas hésité à prendre publiquement ses distances avec les syndicats de sa propre entreprise et à dénoncer ce qu'il considère comme un acharnement contre sa nouvelle consœur.

"Stop à cet acharnement. Sonia a raison de rappeler qu'il est préférable de faire rimer journalisme avec pluralisme plutôt qu'avec militantisme", écrit Olivier Truchot. Une prise de position particulièrement notable en pleine polémique interne à BFMTV, puisque les critiques ne viennent cette fois plus uniquement de personnalités extérieures au groupe : un des principaux visages de la chaîne conteste ouvertement la position défendue par ses syndicats.

Sonia Mabrouk peut également compter sur le soutien de deux autres figures bien connues du paysage audiovisuel. Laurence Ferrari, son ancienne consœur de CNews, lui apporte son "soutien total", estimant que son "exigence journalistique est irréprochable". Bernard de La Villardière dénonce pour sa part une "cabale" contre la journaliste : "Plein soutien à Sonia Mabrouk, ciblée d'une cabale qui en dit long sur l'évolution du journalisme d'aujourd'hui. Juger plutôt qu'expliquer, disqualifier plutôt que débattre."

Céline Pina dénonce les "enfants gâtés du PAF"

La polémique fait également réagir Céline Pina, dont la participation à l'émission de Sonia Mabrouk avait été envisagée avant d'être finalement écartée. Elle publie une charge extrêmement virulente contre le SNJ et la CGT de RMC BFM, qu'elle accuse de substituer le militantisme au travail journalistique.

"Honte au SNJ et à la CGT de BFM/RMC. Ce communiqué les enfonce un peu plus dans le déshonneur", écrit-elle, avant de comparer leurs méthodes à celles des "Staliniens" qui "avaient l'habitude de remplacer l'information par de la propagande et les journalistes par des commissaires politiques". Céline Pina s'en prend encore aux "enfants gâtés du PAF" et dénonce "l'accusation outrancière et la déshumanisation qu'elle induit". Elle conclut en apportant son "courage" à Sonia Mabrouk, dont elle considère l'émission comme "une des plus intéressantes du moment".

Ces prises de position interviennent après le deuxième communiqué syndical visant Sonia Mabrouk depuis son arrivée à BFMTV. Dans celui publié jeudi, le SNJ et la CGT ont notamment ciblé son entretien avec Sarah Knafo et dénoncé ce qu'ils considèrent comme une absence de contradiction suffisante face à certaines personnalités classées à droite ou à l'extrême droite.

Plusieurs responsables politiques prennent également sa défense

La mobilisation dépasse rapidement le seul monde des médias. David Lisnard s'est lui aussi rangé derrière la journaliste. Le maire de Cannes dénonce "ce sectarisme, cette volonté tyrannique, cette trahison de l'esprit du journalisme par un syndicat censé représenter la profession". "Il ne faut pas céder, ne plus rien laisser passer", poursuit-il, avant de défendre "le pluralisme, la controverse civile, la liberté et la diversité d'expression, la démocratie" et de féliciter Sonia Mabrouk.

Éric Ciotti évoque quant à lui le "totalitarisme idéologique de l'extrême gauche" dont Sonia Mabrouk serait selon lui "victime". Même tonalité chez Shannon Seban, qui apporte son soutien à la journaliste, "une nouvelle fois prise pour cible par le sectarisme idéologique de l'extrême gauche". Elle juge "indigne de la profession et de ses principes" qu'un syndicat de journalistes cherche, selon elle, "à disqualifier une voix plutôt qu'à défendre le débat".

La CGT RMC BFM ne retire rien et répond à Sonia Mabrouk

Malgré cette vague de soutiens, la CGT RMC BFM ne recule pas. Après la réponse de Sonia Mabrouk, le syndicat a maintenu sa position avec une formule faisant directement écho aux mots employés par la journaliste : "Le pluralisme ne peut pas servir de prétexte à toutes les complaisances... a fortiori en pleine campagne présidentielle."

Le bras de fer est donc loin d'être terminé. D'un côté, Sonia Mabrouk assure qu'elle ne se "laissera pas salir" et reçoit désormais le soutien public de confrères aussi exposés qu'Olivier Truchot, Laurence Ferrari ou Bernard de La Villardière. De l'autre, le SNJ et la CGT de RMC BFM maintiennent leurs critiques sur la manière dont certaines interviews sont menées.

Et la situation devient d'autant plus sensible pour BFMTV que la polémique se transporte désormais à l'intérieur même de sa rédaction : avec la sortie d'Olivier Truchot contre "cet acharnement", l'un des principaux journalistes de la chaîne vient publiquement désavouer la charge menée par les syndicats de sa propre entreprise.