Sa réaction était attendue. Le 2 novembre dernier, une pétition déposée sur le site de l'Assemblée nationale dépassait le seuil symbolique du demi-million de signatures, obligeant la chambre parlementaire à y répondre, d'une manière ou d'une autre. À l'heure où nous écrivons ces lignes, le texte est même plus proche du double, avec près de 900 000 personnes qui le soutiennent.
Pour rappel, cette pétition appelle à "supprimer CNews de l'audiovisuel français". "CNews n'est pas une chaîne d'information. C'est une machine de propagande. Depuis 2019, elle cumule 27 rappels à l'ordre et 630 000 euros d'amendes. C'est le record absolu de l'audiovisuel français", estime le texte qui accompagne la pétition. "L'Arcom peut retirer unilatéralement une convention TNT en cas de récidive. CNews est la définition du récidiviste. Une fréquence publique, ça se mérite, ça ne se souille pas", poursuit le document.
"Ce n'est pas aux politiques de dire s'il faut fermer une chaîne"
La balle est donc désormais dans le camp de la commission des affaires culturelles et de l'éducation de l'Assemblée. Mardi 3 novembre dernier, les députés qui la composent ont convenus de se laisser une semaine de réflexion supplémentaire avant de statuer sur la suite à donner à la pétition. Le rendez-vous est ainsi fixé au mardi 10 novembre à 13 heures. Avec deux options au choix ce jour-là: soit classer la pétition et ne pas y donner suite, soit organiser un débat sur le sujet dans l'hémicycle, sans que cela n'implique nécessairement un vote, ni même une obligation de prendre des mesures.
Mais si débat il y a, pas sûr que celui-ci porte exclusivement sur le cas de CNews. Comme le rapporte nos confrères du Parisien, Jérémie Patrier-Leitus, vice-président Horizons de la fameuse commission, plaide plutôt pour un débat plus large "sur l'information, la régulation, le pluralisme et la liberté d'expression". Celui qui, il y a quelques mois, a présidé la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public est clair sur la question: "dans une démocratie, ce n'est pas aux politiques de dire s'il faut fermer une chaîne". "Aujourd'hui, certains demandent la fermeture de CNews, d'autres la privatisation de l'audiovisuel public. Demain, ce sera Radio Nova... C'est un engrenage très dangereux et sans retour!", met en garde le député.
"Il n'y a pas que C8 qui aurait dû être fermée en 2025"
Pour l'entourage de la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, "une pétition qui a un tel nombre de signatures ne peut, toutefois, pas être balayée par un classement, comme si elle n'existait pas". Comment, dès lors, renvoyer gentiment la balle vers le gendarme de l'audiovisuel, comme l'a fait la ministre de la culture, Catherine Pégard? Pour Aurélien Saintoul, rapporteur LFI de la commission d'enquête parlementaire sur l'attribution des fréquences TNT en 2024, la nécessaire réaction de l'Arcom ne doit pas empêcher les députés de prendre leurs responsabilités.
"Ce débat doit permettre à chacun d'assumer ses positions. Les nôtres sont claires: il n'y a pas que C8 qui aurait dû être fermée en 2025, mais CNews aussi, au vu de la succession de manquements à leurs obligations", estime Aurélien Saintoul, toujours auprès du Parisien. Avant d'ajouter: "L'avis du RN aussi est clair: ils renvoient l'ascenseur. Mais les macronistes sont entre les deux, à ne jamais vouloir se positionner sur ce sujet. Les masques tombent". On espère donc y voir plus clair le 10 novembre prochain...!














