Nouvelle secousse en interne à BFMTV. À peine quelques semaines après l'arrivée de Sonia Mabrouk sur la chaîne, le SNJ et la CGT de RMC BFM publient ce jeudi 10 septembre un communiqué particulièrement virulent contre la journaliste et la direction. Intitulé "Mabrouk et l'extrême droite : une inertie qui déshonore la profession", le texte accuse notamment la nouvelle présentatrice de 100% Mabrouk de laisser certains invités développer leurs arguments "sans aucune opposition" ni "recadrage".
Les syndicats prennent pour exemple l'émission du 7 septembre, au cours de laquelle Sonia Mabrouk recevait notamment Sarah Knafo. La programmation de cette dernière est bien confirmée par les archives de BFMTV. Dans leur communiqué, les représentants du personnel reprochent à l'animatrice d'avoir laissé l'euro-députée développer son argumentaire autour des expressions Français "de souche" et Français "de branche" sans, selon eux, suffisamment contextualiser ou contredire ces propos.
"Quelle honte" : les syndicats chargent la direction
Le ton employé est particulièrement sévère. Le SNJ et la CGT dénoncent une supposée "clémence vis-à-vis de l'extrême droite" et prennent également pour exemple une précédente interview de Bruno Retailleau. Ils reprochent plus largement à la direction de BFMTV de ne pas fixer une ligne éditoriale suffisamment ferme face aux idées qu'ils qualifient de racistes ou xénophobes.
Les syndicats avancent surtout leurs propres données de comptabilisation du temps de parole. Selon leur relevé portant sur la période du 24 août au 8 septembre, les intervenants d'extrême droite représenteraient 25,5% du temps de parole dans la tranche de Sonia Mabrouk, contre 11,8% chez Alain Marschall et Olivier Truchot et 4,6% chez Apolline de Malherbe. Ces chiffres sont ceux communiqués par les syndicats et ne constituent pas des données publiées par l'Arcom.
"Quelle honte qu'un positionnement éditorial clair et sans équivoque contre les idées de l'extrême droite soit devenu tabou", écrivent-ils notamment, avant de dénoncer un "renoncement collectif". Ils regrettent également qu'un chroniqueur de gauche annoncé pour contrebalancer la présence hebdomadaire de Robert Ménard ne soit toujours pas arrivé.
Ce n'est pas la première charge contre Sonia Mabrouk
Ce communiqué n'est pas un épisode isolé. Dès le 26 août, le SNJ et la CGT RMC BFM avaient déjà attaqué frontalement l'arrivée de Sonia Mabrouk, dans un texte intitulé "Sonia Mabrouk importe la ligne CNews, la direction regarde ailleurs". Les organisations syndicales critiquaient alors son recrutement après son départ de CNews et Europe 1 et contestaient la manière dont la direction présentait son arrivée comme un "enrichissement très fort pour la chaîne".
La journaliste a rejoint BFMTV à la rentrée pour incarner 100% Mabrouk, diffusé chaque soir. La chaîne présente officiellement ce rendez-vous comme un programme fondé sur la "diversité des opinions", la "saine conversation" et un "débat constructif". Depuis son lancement, l'émission reçoit quotidiennement plusieurs personnalités politiques, journalistes et éditorialistes.
Une rentrée déjà mouvementée pour BFMTV
Cette nouvelle offensive syndicale intervient alors que BFMTV cherche à profondément renouveler sa grille à l'approche de l'élection présidentielle de 2027. Le recrutement de Sonia Mabrouk constituait l'un des principaux mouvements de cette rentrée, avec l'ambition d'installer une nouvelle grande tranche de débats en soirée.
Mais en interne, son arrivée continue manifestement de diviser. Après un premier communiqué particulièrement hostile fin août, le SNJ et la CGT RMC BFM passent désormais de la critique de son recrutement à celle du contenu même de ses interviews.
"Nous continuerons inlassablement à dénoncer ces manquements, ce manque de courage et cette apathie antirépublicaine", préviennent les deux organisations dans leur communiqué du 10 septembre. Une nouvelle charge particulièrement frontale contre Sonia Mabrouk, mais également contre la direction de BFMTV, accusée par les syndicats de ne pas suffisamment intervenir sur la ligne éditoriale de sa nouvelle recrue.














