Rentrée particulièrement agitée sur France Inter, première radio de France. Depuis la fin du mois d'août, Charles Sapin signait un édito politique de deux minutes trente le dimanche matin vers 7h40. Depuis la fin du mois d'août, les syndicats de la Maison ronde ont protesté contre l'arrivée à l'antenne du nouveau directeur adjoint de l’hebdomadaire ultraconservateur Valeurs actuelles venu du Point.
Rapidement, l'air est devenu irrespirable dans les locaux de France Inter. Ainsi, après plusieurs semaines de protestation, deux journées de grève, la direction a cédé sans mettre Charles Sapin à la porte. En guise d'entre-deux, la station a alors proposé de remplacer l'édito par un débat.
Réponse du journaliste : "Je refuse". "Je regrette que la direction de Radio France, face à cette dérive, ait décidé d’ainsi rendre les armes. Face à ces syndicats et artistes qui démontrent, une fois de plus, l’ampleur de leur ouverture d’esprit et leur sérénité face à l’idée de souffrir 0,025% de temps d’antenne dissonant", a-t-il commenté sur X ce samedi 19 septembre.
France Inter perd Charles Sapin : l'Arcom a été saisie
Suite à la décision de leur futur ex-salarié, les dirigeants de Radio France ont répondu : "Nous prenons acte de la décision de Charles Sapin. Ce n’est une victoire pour personne. Conformément à nos obligations et missions de service public, France Inter continuera d’être un lieu de dialogue reflétant la diversité des sensibilités, notamment durant la campagne présidentielle", a-t-on pu lire sur X. S'en est donc terminé ? Pas tout à fait !
En effet, si certains se félicitent de cette décision, d'autres s'insurgent. C'est le cas notamment de d'Éric Ciotti. "Aujourd'hui, qu'est-ce que cela signifie ? Que nous ne sommes plus vraiment dans une démocratie [....] Aujourd'hui, Radio France est aux mains de LFI mais, en revanche, Radio France est payé et financé par les contribuables", a déploré le président de l'UDR et maire de Nice sur BFM TV.
Dans le même temps, on apprend ce 22 septembre que l'affaire Charles Sapin ne semble finie. Selon les informations du Point, l’association la Ligue des Libertés (fondée par l'UDR Guilhem Carayon, proche d'Éric Ciotti, N.D.L.R.) a décidé de saisir formellement l’Arcom, le gendarme de l'audiovisuel. Objectif, peut-on lire, "contraindre le régulateur de l’audiovisuel à passer au crible le respect du pluralisme sur l’antenne de la première radio de France, après la suppression de l’édito du journaliste politique".