Cinq corps enterrés sous une terrasse d'un maison à Nantes (Loire-Atlantique). C'est l'effroyable découverte qui a été faite le 21 avril 2011. Les victimes, tuées par balles, sont Agnès Dupont de Ligonnès et ses quatre enfants : Arthur, Thomas, Anne et Benoit. Mais, quinze ans plus tard, un mystère demeure : où est donc passé Xavier, le père de famille ? Est-il mort ou encore en vie ? Les spéculations vont bon train.

Dans ce contexte, le 2 juin dernier, l'émission Appel à témoins présentée par Julien Courbet a décidé de consacrer une séquence à cette mystérieuse affaire promettant aux téléspectateurs des révélations exclusives. À cette occasion, l'animateur a alors accepté de donner la parole à un certain "père Marc", un témoin assurant avoir été en contact avec Xavier Dupont de Ligonnès.

Ce dernier lui aurait alors confessé ses crimes. Par ailleurs, à l'époque, ce témoin avait précisé que l'évêque de Carcassonne lui avait donné l'autorisation de parler malgré le secret de la confession. Cela aurait pu s'arrêter là sauf que... Monseigneur Bruno Valentin, du diocèse de Carcassonne, a vu l'émission et n'a pas du tout apprécié. "Il est assez incroyable de voir un média comme M6 diffuser ce témoignage", a-t-il déploré ajoutant vouloir dénoncer "cette séquence trompeuse" à l'Arcom. Le gendarme de l'audiovisuel qui, ce 3 novembre, vient donc de mettre en garde M6 et a estimé que "le bien-fondé du témoignage, diffusé en direct, aurait nécessité des vérifications supplémentaires, a fortiori considérant son caractère sensationnaliste".

"Appel à témoins" : les excuses de Julien Courbet

Il s'agit là d'un simple avertissement à la chaîne. L'Arcom la met en garde contre "le renouvellement d’un manquement aux exigences d’honnêteté et de rigueur qui s’imposent à elle dans la présentation de l’information et des programmes qui y concourent".

Pour rappel, dans la foulée de ce faux témoignage, Julien Courbet avait décidé de prendre la parole dans le cadre de son émission Ça peut vous arriver sur RTL et M6. "Je ne cherche pas à me trouver d’excuses et je sais qu’aujourd’hui, je vais m’en prendre plein la gueule. Il y a même des confrères qui se permettent de juger. Peu importe, c’est mon métier, je suis payé pour cela, allez-y, chargez-moi, je n’ai pas de souci avec cela", avait-il lâché.

"Il y a des risques qui sont pris et hier on en a pris, et ça nous est revenu dans la gueule, il n’y a pas d’autres mots. Pour d’autres affaires, ça a marché et là ça n’a pas marché", a-t-il ajouté estimant s'être fait "rouler dans la farine".