La mobilisation contre CNews se poursuit. Sur la plateforme des pétitions de l’Assemblée nationale, un texte demandant la fermeture de la chaîne rassemble désormais plus de 372 000 signatures. La petition a été déposée le 10 juin 2026 par Lucas Massoni. Cette initiative porte un titre sans détour : "Supprimer CNews de l’audiovisuel français". L'auteur réclame le retrait de sa convention TNT, mais aussi la fermeture de l’antenne. Avec les signatures recueillies, il espère donc faire porter cette demande jusque dans l’hémicycle. Car le seuil des 500 000 soutiens peut ouvrir la voie à un débat en séance publique, sous certaines conditions.

Pour convaincre, Lucas Massoni emploie des mots particulièrement offensifs. "CNews n'est pas une chaîne d'information. C'est une machine de propagande", écrit-il dès les premières lignes. Il affirme que la chaîne cumule "27 rappels à l'ordre et 630 000 euros d'amendes" depuis 2019, et énumère plusieurs séquences qu’il juge discriminatoires ou contraires aux exigences du pluralisme. Des chiffres et des accusations avancés dans son argumentaire, qui ne constituent pas une prise de position de l’Assemblée nationale. L’auteur s’en prend également au régulateur (l'ARCOM), estimant que les sanctions financières restent inefficaces : "Tant que le signal reste à l'antenne, il gagne", écrit-il à propos de Vincent Bolloré.

Un outil pour interpeller les députés, sans garantie de débat

Mais à quoi servent ces pétitions ? La plateforme permet aux citoyens d’adresser une demande à l’Assemblée nationale et de soutenir celles déjà déposées. Il ne s’agit donc pas d’un référendum. Signer cette pétition ne revient pas à voter une décision qui s’appliquerait automatiquement. Chaque texte est transmis à une commission compétente, dans le cas de CNews il s'agit de celle des affaires culturelles et de l’éducation. Un député rapporteur peut ensuite proposer son examen, avec un débat donnant lieu à un rapport parlementaire, ou son classement. Pour signer, il faut s’identifier, mais l’identité des signataires reste toutefois anonyme.

Et les 500 000 signatures, alors ? En effet, ce seuil permet à la Conférence des présidents d’envisager un débat en séance publique. Cependant il faut que les soutiens proviennent d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer. Mais cette possibilité n’est pas une obligation. Même avec un demi-million de signatures, la tenue d’un débat resterait soumise à une décision parlementaire. Quant à une éventuelle fermeture de CNews, elle ne découlerait pas automatiquement de cette discussion. Les signataires peuvent donner du poids à leur demande et interpeller les députés. Ils ne disposent pas, à travers cette plateforme, d’un bouton pour couper l’antenne.