Si vous êtes adepte de la chaîne LCI, Katherine Cooley est forcément un visage qui vous est familier. Et pour cause... Elle n'a que 32 ans lorsqu'elle est embauchée par la chaîne en 1995 en qualité de présentatrice des journaux télévisés. "C’était génial, se souvient la journaliste. Nous étions la première chaîne d’information, avant la création d’i-Télé et de BFM. J’y étais très heureuse", se souvient-elle dans L'Informé. Mais, dix ans plus tard, l'incroyable aventure a commencé à se transformer en cauchemar.

Ainsi, en 2016, Katherine Cooley s'est vue confier une sacrée mission : celle de créer et de co-animer une nouvelle émission baptisée Vis leurs vies (anciennement Au cœur de nos différences, N.D.L.R.). "Au départ, je ne m’en suis pas plainte, parce que je faisais quelque chose de différent", a-t-elle confié à nos confrères avant d'être persuadée d'avoir été placardisée en raison de son âge. Puis, ses conditions de travail se sont dégradées.

En octobre 2017, ses deux collaborateurs ont été écartés du programme et Katherine Cooley s'est alors retrouvée seule à devoir tout mener de front : préparation, présentation, interviews, etc. Une situation intenable si bien que la professionnelle de l'info, en dépression, a été placée en arrêt maladie. Trois ans plus tard, la médecine du travail a déclaré que son état de santé faisait "obstacle à tout reclassement dans un emploi", y compris au sein de TF1. Le groupe qui, du coup, choisira de licencier sa salariée pour "inaptitude".

Licenciée par LCI, Katherine Cooley n'a pas dit son dernier mot

Dans ce contexte, après trois ans d'arrêt maladie, Katherine Cooley a décidé de saisir les prud’hommes. Ces derniers lui ont donné gain de cause et ont condamné son ancien employeur à lui verser 143 000 euros d’indemnités pour licenciement abusif. Selon elle, sa dépression était directement liée à l’annonce de la modification de son émission et LCI a manqué à son obligation de protéger sa santé. Des accusations contestées par les dirigeants de la chaîne.

Aujourd'hui, la bataille judiciaire n'est pas terminée. Katherine Cooley souhaite que sa dépression soit reconnue comme une maladie professionnelle. Si elle a obtenu gain de cause dans un premier temps, LCI a fait un recours et obtenu un nouvel examen par un second comité de reconnaissance des maladies professionnelles. L’affaire doit être à nouveau examinée par le tribunal de Nanterre.

Pendant ce temps-là, celle qui était passionnée par son métier est éreintée par toutes ces procédures. "Je ne peux plus regarder les chaînes d’infos. Ni LCI, ni aucune autre", a-t-elle confié à L'Informé. "Je n’envisageais pas une telle fin de carrière. J’aimerais qu’un jour ce soit derrière moi, mais ça n’en finit pas", regrette-t-elle. Contacté par nos confrères, le groupe TF1 a fait savoir qu’il ne commentait pas les procédures individuelles.