Et si c'était enfin l'heure pour franceinfo? Dans la bataille qui fait actuellement rage entre les quatre chaînes d'information en continu, BFMTV, qui donne souvent la "priorité au direct", a longtemps dominé, en termes d'audiences, la concurrence. Jusqu'à ce mois de mai 2024, où CNews, régulièrement taxée de chaîne d'opinion qui fait la part belle aux idées d'extrême-droite, a détrôné la chaîne du groupe RMC BFM. Derrière, LCI, pionnière des chaînes d'infos en France, ne se laisse pas faire. Depuis une évolution de sa ligne éditoriale au profit de l'actualité internationale, suite à l'éclatement de la guerre en Ukraine en 2022, et depuis la nouvelle numérotation des chaînes en 2025, qui lui est favorable, ses audiences s'envolent, passant d'1,8% à 3,2% de part de marché mensuelle entre mars 2018 et 2022.
Et puis, il y a franceinfo. Peinant à trouver une identité propre, bien qu'elle soit la seule chaîne d'infos publique, celle qui a été la dernière à se lancer dans la bataille multiplie les boulettes et les polémiques ces derniers mois. Samedi 24 octobre dernier, franceinfo a, par exemple, confondu des images en direct de la manifestation des étudiantes et des étudiants à Paris avec celles d'une autre manifestation, qui se déroulait, au même moment, en... Albanie. Quatre jours plus tard, c'était au tour d'une interview de l'eurodéputée d'extrême-droite Sarah Knafo par les journalistes Simon Le Baron et Audrey Tison d'être vivement critiquée.
Mais voilà que, mercredi 4 novembre, une bonne nouvelle est enfin tombée pour la chaîne qui vient de fêter ses dix ans d'existence: franceinfo a dépassé, pour la première fois de son histoire, la barre symbolique des 2% de part d'audience journalière. La faute à une actualité chargée, à la veille d'une nouvelle journée de manifestation particulièrement attendue? Ou bien à la crise dans laquelle s'enfonce BFMTV, entre le recrutement de Sonia Mabrouk qui ne passe toujours pas depuis la rentrée, et des accusations de racisme à l'encontre de la chaîne relayées en manifestation? Qu'importe, la direction de franceinfo préfère se féliciter de ses chiffres.















