"À un moment, il faut que ça s’arrête"... Ce sont les mots d'Arthur qui, ce mercredi 28 octobre, a été entendu à la barre du tribunal de Paris à l'occasion du procès de quatre hommes, poursuivis pour l'avoir cyberharcelé fin 2024. Il faut dire que depuis le 7 octobre 2023 et ses prises de parole liées aux attaques du Hamas contre Israël, l'animateur de 60 ans est la cible de virulents propos sur les réseaux sociaux. Que s'est-il passé ?

Tout est parti d'un montage d'extraits de l'émission À prendre ou à laisser posté sur les réseaux sociaux dans lequel il est soupçonné d'avoir eu des comportements déplacés à l'égard de certaines candidates. En commentaires, certains internautes se sont déchaînés, pensant être à l'abri, planqués derrière leurs ordinateurs. "Agresseur sexuel et sioniste ça va ensemble", a notamment tweeté Enzo M., 26 ans, originaire de Normandie et en recherche d'emploi avant d'évoquer "une réaction un peu à chaud, seul dans (son) coin". "Les juifs doivent sortir de l’audiovisuel", a aussi lâché sur YouTube, Tahar K., un Marseillais de 69 ans.

Mais ce n'est pas tout... À Villiers-le-Bel (Val-d’Oise), Jean-Elie M., 31 ans, sans emploi, s'en est pris sur X à "ce peuple de voleur dégueulasse" alors qu'Alain R., 77 ans, a assuré sur son compte Telegram "Complot du nouvel ordre mondial" que "ces youpins se permettent vraiment tout". Interpellés en mai 2026, ces quatre hommes ont dû répondre de leurs actes assurant ne pas avoir eu conscience de participer à une campagne de harcèlement. Le procureur de la République Esteban Grandin-Martin a requis des peines de six mois à un an de prison avec sursis.

Arthur cyberharcelé : "un enfer psychologique" pour lui et ses proches

À la barre, le présentateur de Vendredi tout est permis sur TF1 a raconté son quotidien profondément chamboulé depuis trois ans. "Depuis novembre 2023 je reçois des vagues de commentaires qui se transforment en meute. J’ai des messages de menaces terribles", a-t-il commenté. "Cela fait trente ans que je fais ce métier et c’est la première fois que ma judéité est ainsi attaquée. Je suis une victime d’antisémitisme comme jamais. Je considère qu’il est temps d’expliquer à toute une génération que le sionisme n’est pas une opinion. Il est temps de montrer qu’on ne peut pas dire sans impunité n’importe quoi sur les réseaux sociaux", a ajouté le père de famille qui en a profité pour décrire l'"enfer psychologique" qu’il vit au quotidien.

"Depuis maintenant trois ans, neuf hommes armés assurent ma sécurité 24 h/24. Aujourd’hui, ma vie est complètement bouleversée. Tout doit être organisé à l’avance. Comment j’explique cela à mes enfants ? Comment je leur explique qu’on doit être protégés parce qu’on est juifs ?", s'est-il ému face à la cour.

Pour son avocate, Me Jade Dousselin, il est nécessaire d'alerter sur les conséquences de tels actes. "Ce jugement ira en dehors de cette salle. Il nous appartient de tirer la sonnette d’alarme contre ceux qui confondent la moquerie avec la menace. Il nous appartient collectivement d’y faire échec", a-t-elle plaidé. Le délibéré sera rendu le 16 décembre prochain.