Et si, malgré le renouvellement de l'autorisation d'émettre de la chaîne pour dix ans par l'Arcom en 2024, la question de l'existence de CNews s'imposait comme l'un des débats de campagne pour l'élection présidentielle à venir? En juin dernier, une pétition était lancée sur le site de l'Assemblée Nationale afin de "supprimer CNews de l'audiovisuel français".

"CNews n'est pas une chaîne d'information. C'est une machine de propagande. Depuis 2019, elle cumule 27 rappels à l'ordre et 630 000 euros d'amendes. C'est le record absolu de l'audiovisuel français", rappelle le texte qui accompagne la pétition. "L'Arcom peut retirer unilatéralement une convention TNT en cas de récidive. CNews est la définition du récidiviste. Une fréquence publique, ça se mérite, ça ne se souille pas", poursuit le texte, qui réclame la fermeture de la chaîne du groupe Bolloré.

La pétition était, jusqu'ici, passée sous le radar. Mais ça, c'était jusqu'à l'attentat raciste commis à Trappes le 23 octobre dernier, qui a poussé bon nombre de personnalités politiques et médiatiques à prendre la parole pour dénoncer la part de responsabilité des médias dans la montée d'un discours raciste au sein de notre société. À commencer par la part de responsabilité de CNews. Partie d'environ 100 000 signatures recueillies début octobre, la pétition, dès lors, s'envole, jusqu'à franchir, hier, lundi 2 novembre, le cap symbolique du demi-million. À l'heure où nous écrivons ces lignes, ce sont même près de 700 000 personnes qui ont soutenu la pétition. De quoi désormais ouvrir la possibilité d'un débat sur la question à l'Assemblée Nationale.

Une pétition en soutien à CNews relayée par Christine Kelly

En réaction, une autre pétition, cette fois pour dire "stop aux menaces de censure et de fermeture" à l'encontre de CNews, a été créé. "Les journalistes et intervenants de la chaîne sont verbalement attaqués, voire même menacés physiquement. Les informations délivrées sont, selon nous, tronquées et manipulées par ses concurrentes et certaines personnalités politiques", affirme le texte associé à la seconde pétition.

"Les journalistes et intervenants de CNews sont sans cesse qualifiés de racistes sans qu'une autorité politique n'intervienne. Cette situation dure depuis plusieurs semaines et elle fragilise considérablement le débat public. De nombreux téléspectateurs, dont je fais partie, sont choqués et inquiets par cette atteinte possible à la pluralité des médias", développe le document.

À ce jour, la pétition pro-CNews a recueilli plus de 120 000 signatures. À noter que cette dernière a été publié sur un autre site que celui de l'Assemblée Nationale, dont la fiabilité dans la vérification de l'identité unique derrière chaque signature est, on imagine, différente. La pétition a, quoi qu'il en soit, était relayée, depuis, par un visage phare de la chaîne du groupe Bolloré, à savoir Christine Kelly, qui dit, au passage, "merci à celui ou celle qui l'a lancé". Le sort de CNews n'a donc pas fini de faire parler de lui.