Nouveau rendez-vous judiciaire pour Gérard Depardieu. Ce jeudi 17 septembre, la chambre de l'instruction de Paris doit examiner son recours contre son renvoi devant la cour criminelle départementale. Accusé de viols et d'agressions sexuelles par Charlotte Arnould pour des faits remontant à août 2018, l'acteur conteste depuis le début les accusations et réclame un non-lieu.

À l'époque des faits, Charlotte Arnould a 22 ans et connaît Gérard Depardieu depuis son enfance, l'acteur étant un ami de sa famille. Elle l'accuse de lui avoir imposé des actes sexuels lors de deux rendez-vous à son domicile parisien, les 7 et 13 août 2018. Gérard Depardieu reconnaît de son côté deux moments intimes avec la jeune femme. Mais l'acteur conteste toute absence de consentement ainsi que les pénétrations digitales dont il est accusé.

Un baiser de 43 secondes au cœur de la défense

Pour tenter d’éviter un procès, Jérémie Assous, avocat de l'acteur, compte notamment miser sur les images filmées au domicile de Gérard Depardieu. Selon Le Parisien, l’avocat s’intéresse particulièrement à une séquence : un baiser de 43 secondes entre l’acteur et Charlotte Arnould.

Mais ces mêmes vidéos font aussi partie des éléments retenus contre l'acteur. D'après Le Monde, qui a consulté l'ordonnance de renvoi, Gérard Depardieu apparaît avec la main dans le short de Charlotte Arnould lors de leur première rencontre, puis dans son pantalon lors de la seconde. La jeune femme est quant à elle décrite les mains derrière le dos, "figée et immobile". Une interprétation des images que conteste la défense de l'acteur.

La défense entend en faire une autre lecture. Elle considère notamment que le baiser filmé vient appuyer la version de Gérard Depardieu, qui affirme depuis le début que les échanges entre eux étaient consentis. Charlotte Arnould maintient au contraire avoir subi des actes sexuels auxquels elle n'avait pas consenti.

"Doux Gérard, on se voit vite"

Autre élément sur lequel Jérémie Assous compte s’appuyer ce sont les échanges entre Charlotte Arnould et Gérard Depardieu. Après leur première rencontre, la comédienne lui aurait notamment écrit : "Doux Gérard..., on se voit vite". La défense souligne également qu’elle est retournée au domicile de l’acteur six jours plus tard. Charlotte Arnould a expliqué de son côté qu’elle souhaitait confronter l'acteur à ce qu’elle venait de vivre.

Enfin, si elle n’obtient pas de non-lieu, la défense réclame un supplément d’information. Elle souhaite notamment une expertise psychiatrique de Charlotte Arnould pour évaluer ce qu’elle présente comme une possible "propension à l’affabulation". L’avocat de Gérard Depardieu met notamment en avant une autre plainte pour viol déposée par Charlotte Arnould en 2020 contre un autre acteur. À l’époque, l’enquête avait finalement conclu à une relation consentie et le comédien n’avait pas été mis en cause.

La chambre de l’instruction devra désormais trancher. Jeudi 17 septembre, elle décidera si Gérard Depardieu doit bien être jugé devant une cour criminelle.