La situation est tendue au sein de la rédaction de BFMTV depuis plusieurs semaines. Et ces derniers jours, la situation a pris une tournure plus conséquente encore lorsque 160 techniciens salariés de la société Nextprod, de BFMTV ont adressé une lettre à leur direction.
Les équipes techniques réclament d'être entendus afin que les choses changent. La chaîné est accusée de racisme à la suite de propos de certains invités, sans qu'ils ne soient contrés et condamnés.
Ce mercredi 4 novembre, c'est au tour de la Société des journalistes (SDJ) de BFMTV de prendre la parole. Dans une lettre adressée à la direction et signée par plus de 200 journalistes, la rédaction demande des changements concrets afin de "couper avec cette image de chaîne raciste qui ne représente absolument pas (leurs) convictions", écrivent-ils.
Ce que demandent les journalistes
Les journalistes de BFMTV demandent à leur direction "un recadrage systématique et sans équivoque des propos discriminatoires par les présentateurs", et un "meilleur suivi des invités pour éviter les personnalités problématiques, mais également la présence trop récurrente de certains."
Ils demandent également à ce que le reportage de terrain reprenne "la première place" ainsi qu'une "couverture plus équilibrée des manifestations en arrêtant de ne prendre les équipes en direct que lorsqu’il y a des violences", précisant que "le calme est aussi une information."
Les réponses de la direction de BFMTV
De son côté, la direction de CMA Media, propriétaire de BFMTV a annoncé plusieurs mesures. Dans un message interne envoyé mercredi matin, elle a indiqué la mise en place d'une "cellule invités", afin de centraliser les demandes d'interviews de responsables politiques et de renforcer "la diversité des profils." Cette cellule sera gérée par Fabien Namias, le directeur général de la chaîne. Autre mesure : la publication d'un baromètre mensuel du pluralisme. "Pour rendre compte de la diversité des invités, des intervenants et des courants de pensée", indique la direction de la chaîne.
Néanmoins, Jean-Philippe Baille, directeur général délégué à l'information de CMA Media, précise que "ces décisions ne constituent ni un changement de ligne éditoriale ni une reconnaissance des accusations portées contre nos antennes." Ce dernier estime que les chaînes du groupe ont été "injustement mises en cause."
Enfin, la direction évoque une "riposte systématique et rapide aux fausses informations" visant les médias du groupe. Et a une nouvelle fois apporté son soutien à la journaliste Sonia Mabrouk, visée par de nombreuses critiques et attaques depuis son arrivée sur la chaîne en août dernier.















